DE L’ASTRONO MIE MODERNE. 313
blême difficile : Jupiter êc Mars peuvent se laisser voir danstoute l’étendue des longues nuits, Vénus , forcée de suivre lespas du Soleil, ne le précede 6c ne le fuit jamais que de quelquesheures ; on ne peut donc observer sa rotation pendant un temssuffisant pour en dévoiler toutes les circonstances.
Caísini ne voulut pas prononcer fur la totalité d’un mou-vement dont il n'avoir observé qu’une petite partie ; il 'nedécide point st c’est une révolution entiere , ou une librationsemblable à celle de la lune. Cette modestie 6c cette réservedans les jugemens font la preuve d’un bon esprit. Cependantil devina, ou il soupçonna que le tems de la rotation pouvoitêtre de 2 3 heures 6c un quart ( a ). Cette divination d’unhomme supérieur a bien quelque poids ; quand les yeux fontexercés, ils acquièrent une finesse de tact; à laquelle on peut s’enrapporter. Des sensations multipliées 6c délicates donnent lieuà des jugemens dont on ne peut rendre compte , êc qui n’enfont pas moins solides pour paroître dénués des motifs qui lesfondent.
§. X I.
Pour ne pas revenir fur cette matière, nous dirons queBianchini , prélat distingué à Rome par le savoir 6c par lezele de Gastronomie, observa de nouveau en 1726 les tachesde Vénus. Dominique Cafstni, fixé en France , n’avoit pu lesrevoir ; il faut à ces recherches le climat de l’Italie. Bianchiniconclut de ses observations que Caffini s’étoit trompé , nonfur le sens de ce mouvement, mais fur la durée. La différencede leurs résultats est même très - grande. Bianchini trouveque la rotation ne peut être révolue que dans 24 jours Sc
(a) Caísini, Elemens d'Astronomie, p. j 15.
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