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Tome second.
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35 o HISTOIRE

comme celle d’un petit, que deux observations, elle ne com-porte pas plus d’erreur ; & cette erreur partagée fur un plusgrand nombre de degrés , permet d’avoir avec plus de préci-sion la longueur du degré moyen. L’Académie résolut de me-surer plusieurs degrés : cette entreprise aggrandie étoit dignede s Académie & de Louis XIV. On propoía de prolonger laméridiennne de l’observatoire dans toute l’étendue de la France;on alla d’abord jusqu’à Perpignan (a) , ensuite jusqu'à Dun-kerque, ces deux villes qui font fur les frontières opposées duroyaume, font en même tems à très-peu près fous le méridiende l’obfervatoire. Un beau pays comme la France offroit beaucoupde facilités ; on pouvoit, fans en sortir, mesurer un espace assezconsidérable sur la surface de la terre : la magnificence du Roiconduisit les Académiciens dans les provinces de son domaineplacées du nord au sud , sous un arc céleste de plus de huitdegrés. Louis XIV ne se contenta pas que l’étendue de sonroyaume fût connue du midi au nord, il voulut que son étendueentiere fût décrite : il ordonna de construire une carte généralede la France, dressée par des méthodes & des observations sem-blables à celles qui avoient servi à mesurer le degré. Picard,instruit par le travail qu’il venoit de consommer, fit observerqu’on ne devoir pas suivre dans cette carte la division des pro-vinces ; cette division est arbitraire , elle ne tient ni au ciel, nià la terre, ni aux méthodes qui sondent les mesures géomé-triques. Or puisque ces méthodes procedent par des trianglesenchaînés, les triangles font la division naturelle , il faut formerun grand chaíìis, divisé en carreaux 8c en triangles qui enfermenttout le royaume {b). Ces carreaux Le ces triangles mesurés sépa-rément , ensuite réunis , formeront la carte de- la France ; voilà

(a) Mém. Ac»d. Scicn. T.I, p. 87,

(b) Ibid. p. í 10.