DE ^ASTRONOMIE MODERNE. 357
traire, 6c parce que le pendule s’accourcit par le froid. II fallutdonc le raccourcir fen été & l’alonger en hiver, pour qu’il battîtexactement les secondes ; fa longueur n’étoit donc plus cons-tante : on soupçonnent même dès-lors que cette longueur divpendule pouvoit être différente en différons lieux fur le globede la terre. L’Académie abandonna , mais à regret, le projetd’établir une mesure constante & universelle (a). Cette idée futrefaisie depuis par M. de la Condamine : il proposa de prendrepour mesure fondamentale la longueur du pendule sous l’équa-teur ; longueur mesurée avec le plus grand foin par trois Aca-démiciens habiles (b) ; longueur qu’on pouvoit retrouver danstous les tems, 6c dont le choix ne pouvoit exciter la jalousiedes nations , puisque la mesure n’auroit appartenu à aucune enparticulier. M. de la Condamine proposoit de faire la toise doubledu pendule , il auroit suffi d’ajouter quatorze ou quinze lignes àla nôtre. Mais la force de 1 habitude , la paresse naturelle auxhommes, quand il s’agit de changer leurs usages, l’inertie defignorance, qui voit toujours mieux rembarras des changemensprélens que futilité future de ces changemens, ont laissé lansexécution chez nous ce projet dont les anciens ont prouvé lapossibilité (c). Malgré la supériorité que nous prétendons, 6c quenous avons à tant d’égards fur eux, le vaste système de me-
(ú) Mouton que nous avons déjà cité ,eut aussi à peu près dans le même tems(en 1670) ridée de faire du pendule unemesure universelle. Mais il ne prend pas lependule qui bat les secondes ; il vonloitlier fa mesure à celle de la terre pat Ric-eioli. II prit une longueur de 6,44 poucesdu pied de Cologne , elle étoit la dix-mit-Keme partie du mille dont le P. Ricciolien avoir trouvé soixante dans un degré.Mouton éprouva qu un pendule de cettelongueur de 6,44 pouces saison 3959 vibra-tions dans une demi-heure ( Mowon , Ob-
servât. dìamet. p. 432). On auroit toujourspu retrouver cette longueur, & par con-séquent celle de la circonférence de la terre,si la mesure de Riccioli avoir été bonne ,& eût pu mériter d’être un jour cherchée ;mais elle ne valoir rien , elle fut oubliée ,& les tentatives de Mouton pour une me-sure constante & universelle furent alorsfans fruit, comme celles qui ont été renou-velées depuis.
(b) M. de la Cond aminé , M. Bouguer SiM. Godin.
(c) Supra , T, I, Liv. IV.