z6z HISTOIRE
Descartes a montré qu’en passant d’un milieu dans un autre ,les rayons, quelle que soit leur incidence , se plient sous unrapport constant. Dominique Caísini trouva par observation quela réfraction étoit à l’horizon de 31 minutes zo secondes, 6cà dix degrés de hauteur de 5 minutes z 8 secondes. II déduisitde ces données la quantité dont le rayon se plie en passant del’éther dans l’air, 6c la hauteur de l’atmosphere fut aussi déter-minée , mais cette hauteur ne se trouva que de zooo toises ;d’autres phénomènes la donnent beaucoup plus grande. Nousvoyons des montagnes plus hautes que zooo toiles, avoir desnuages 6c à leur sommet 6c au-dessus; ces nuages font pourtantdans l'atmosphere. Alhazen avoir montré par la durée des cré-puscules, que l’atmosphere s’étend à environ dix-neuf lieuesde la surface de la terre (a). Montanari observa , en 1676, unmétéore qui par fa parallaxe fur jugé dans l’atmolphere, à lahauteur de quinze lieues communes de France (b). L’atmosphereest donc beaucoup plus élevée que ne le supposent les réfrac-tions ; &í le résultat quelles fournissent enseigne que quelle quesoit la matière qui réfracte ôc détourne la lumière , cette ma-tière n’est pas l’air lui-même, ou du moins est un air modifiépar le voisinage de la terre , 6c qui forme une enveloppe assezmince au-dessus de fa surface. Dominique Caísini ayant poséces élémens, calcula les réfractions pour toutes les hauteursdepuis l’horizon jusqu’au zénith ; c’est la premiere table qui aiteu cette étendue. Alors il consulta les observations, 6c il luiparut que fa Table étoit d’accord avec le ciel ; elle lui servit pourcorriger les hauteurs observées du soleil, 6c pour établir la théoriede cet astre. Cette maniéré d’envisager la réfraction, 6c d’endéterminer les essets, montre le coup d’œil d’un grand homme.
(a) Supra , Tom. I, p. 140.
(£) Mém. Acad. Scien. ann. 1713^.54.