DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 4î7
a rendu des services essentiels à l’astronomie ; nous avons dé-taillé ses travaux avec la justice qui lui est due. II a vu leciel &c suivi ses phénomènes pendant cinquante années. Laprécieuse collection d’instrumens qu’il s’étoit formée lui donnefur les autres observateurs une supériorité incontestable dansles trente premieres années, mais dans les vingt dernieres oùles méthodes , les instrumens avoient reçu des perfections qu’iln'adopta pas, il ne peut soutenir le parallèle des astronome?contemporains.
Les progrès rapides que l’astronomie fit à cette époque , 8Cdans l’intervalle de vingt ans écoulés depuis i66j jusqu’en1687 , sont dus à cette perfection des méthodes 6c des ins-trumens , 6c en même tems aux méditations, aux vues deplusieurs hommes de génie fur les causes 6c fur les principes dela nature. La théorie 6c la pratique s’avançoient de front ; leseffets indiquèrent les causes, les causes rendirent compte deseffets : on marchoit à la clarté d’une double lumière , on voyoitles faits, 6c à la fois on voyoit qu’ils dévoient être ainsi. Quoiqueles faits íoient toujours des vérités, nous devons nous défierde notre maniéré de voir , qui est souvent trompeuse ; maislorsque la méditation donne le même résultat que l’expérience,nous avons deux témoins de la vérité, l’un hors de nous, l’autreen nous, l’observation 6c la raison.
§. XIX.
Le tems approchoit où la théorie alloit s'étendre, la décou-verte des loix de la chute des corps devoít avoir des usagesnombreux , 6c produire des découvertes. Ce n’est pas qu’ellen aît été contestée, ceux qui apportent des vérités ne font pasles. mieux reçus parmi les hommes. Riccioli n’aimoit point lespartisans du mouvement de la terre, il avoit applaudi à laTome. II, Mmm