DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 53T
moins d’obstacle. Les vents y joignent encore quelquefois leuraction pour armonceler les flots , prefler leur ascension , sus-pendre la descente , 8c l’eau acquiert plus de hauteur, à causede son abondance.
§. XXXIII.
I l résulte de ces découvertes , 8c sur-tout du gonflementde la terre à Téquateur, une vérité singulière que Nevron n’apas expressément développée, mais qui fuit nécessairement deíes principes Sc de ses suppositions ; c'est que la matière de laterre a été primitivement fluide. Il est aster étonnant de pou-voir dire comment notre demeure a existé dans un tems oùnous n’existions pas! Mais cette vue est une conséquence desvérités mathématiques. Les procédés des sciences nous menentdu connu à l’inconnu , parce que tout est lié par des dépen-dances ; Tétât ancien des choses est pere de letat actuel , Scles faits passés ne font que les causes donc les faits présensfont les effets. Nous ne devons donc pas nous étonner de cesconclusions aussi vraies que hardies ; nous retrouvons les prin-cipes dans les conséquences. Tant de grands hommes , ScNew ton plus que tous , ont découvert tant de causes! II fautseulement admirer le génie qui apperçoit ces rapports , Sc quiparcourt la nature dans le tems comme dans l’espace.
Voici la chaîne des idées qui conduisent à cette conclusion.Une masse solide est composée de parties serrées les unes contreles autres, Sc fortement enchaînées par Tatrraction puissantequi résulte de leur proximité. On juge de la solidité d’un corpspar la difficulté qu’on éprouve à désunir ses parties. Une massefluide au contraire est composée de molécules, qui fans doutene se touchent que par peu de points, qui font trop éloignéespour que leur attraction produise beaucoup d’adhérence ; ou