DE L’ASTRONOMI E MODERNE. 537
des effets a été compensée par la répétition & par la duréedes efforts , nous dirons que les effets n'en auroient pas moinsdépendu des résistances. Si la ténacité des solides eût cédé ,elle eût moins cédé que la mobilité des eaux plus dociles ; leseffets auroient été proportionnés à la facilité, les eaux feroientmontées plus haut &c auroient tout inondé avant que l’équi-libre fut établi. II faut donc convenir que les terres n’ont étéconsolidées , les bornes n’ont été prescrites aux mers, qu’aprèsque le globe a eu pris fa forme. Cette forme a résulté desactions- combinées de la pesanteur & de la force centrifuge ;mais faction de ces forces a opéré fur une masse égalementobéissante dans toutes fes parties, fur une masse entièrementfluide, qui s’est ensuite desséchée pour recevoir les habitans queDieu a posés fur elle.
§. XXXIV.
Par ces considérations aussi vastes que profondes, Newton,organe de la nature , avoit dévoilé, dicté fes loix ; il avoitréglé la terre , les planètes , leurs satellites, & tous les astresqui entourent de près le soleil : car dans le système de Copernic,où l’on trouve de toutes parts des espaces infinis , Saturne ,quoiqu a trois cens millions de lieues du Soleil, est encore dansson voisinage ; ôc les planètes errantes autour de lui Le serréesdans cette fphere bornée ne composent qu’un famille de l’uni-vers ! Mais les comètes lont-elles de cette famille, les comètes,qui après avoir été regardées par les anciens comme des produitsde l’atmofphere, n’ont plus été dans les idées de Defcartes ÔCde Képler, que des corps lancés, errans à l’aventure , qui neRapprochent que pour s’éloigner , Lc nous visitent pour ne nousjamais revoir ? D. Caffini par des vues plus faines, les avoirattachées à notre système ; mais il est incertain s*il les faifoitTome II. Y yy