DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 553
avantage des recherches profondes , l’efprit humain fe fortifie»Lc de la vérité qu’il acquiert , de l’erreur dont il fe désa-buse. Cependant Newton , en proposant des idées fi vraies,si supérieures aux hypothèses de Defcartes, ne semble pointtriompher de leur chute ; il a plutôt l’air de la soupçonner quede l’annoncer. Uhypothese des tourbillons , dit-il, efl sujette a.beaucoup de difficultés ; Sc avec ce ton de réserve , il déduitdes raisons qui détruisent de fond en comble l’hypothèfe. Untourbillon ne peut être conçu que par Tidée d’une matièrefluide mue circulairement autour d’un centre par un mouve-ment unique. On imagine bien que les parties les plus éloignéesdécrivant des cercles plus grands, doivent avoir plus de vitesse ,& cette vitesse paroît devoir augmenter selon la distance. Lesastres plongés dans ce tourbillon ne peuvent fe mouvoir quepar le mouvement même du tourbillon , leurs vitesses mani-festent donc la sienne j ou décèlent du moins la vitesse descouches où ces astres fe trouvent. Les loix de la nature obser-vées par Kepler , doivent donc dériver des loix de ces tour-billons ; car les hypothèses ne font admissibles que lorfqu’ellesexpliquent les faits observés. Or pour qu’une planète, suivantune couche du tourbillon, décrivit autour du soleil des airesproportionnelles aux tems , il faudroit que cette couche fît farévolution dans un tems proportionnel au quarté de fa distanceau soleil ; mais la troisième loi de Kepler nous apprend queles révolutions de deux différentes planètes font entr’ellescomme les racines quarrées des cubes de leur distance au soleil,les couches qui les entraînent devroient avoir cette mêmevitesse , & faire également leur tour dans un tems propor-tionnel à la racine quarrée des cubes de leur distance au soleil :il faudroit donc que ces deux couches eussent des vitessesdifférentes, Le deux tems périodiques différons pour observerTome II. Aaaa