DE L’ASTR'ONOMIE MODERNE. 565
je vois des prismes dans le nuage, & je vois un rayon qui arriveà ce nuage, comme il entre dans la chambre obscure : je suisles pas de la lumière dans les progrès du jour. Mais lorsquel’astre lui-même s’offre à ma vue, je le vois verser à grandsflots cette lumière , d’abord ménagée , je reconnois que faprésence en est: la source divine ; Sc si je suis trop enveloppéde ses rayons pour les distinguer, les apparences du soir con-firment celles du matin. Je vois que la lumière me quitteavec l’astre même : la source descend avec lui , un cercle en-ferme les espaces où la lumière n’atteint plus ; êc je la perdsau même point de l’horizon où j’ai perdu l’astre qui la produit.Voilà ce que mes sens m’apprennent; fi les sens ont souvent ététrompés, nous n’avons cependant que les connoistances qu’ilnous donnent. La raison doit peser & juger leur rapport, êcquand la raison n’oppose rien , nous devons croire leur témoi-gnage. Les yeux nous disent que le soleil se meut, êc ils noustrompent ; mais il a fallu les raisonnemens les plus preflans ,les plus démonstratifs , pour infirmer la longue expérience dela vue.
Quand on en opposera de pareils à l’émiíïìon de la lumière >nous serons forcés de nous y rendre. Descartes qui avoit crééun fluide subtil universel pour en remplir l’espace, employapar économie ce fluide à produire la lumière : son système estsi séduisant sur, ce point, qu’il subsiste encore à côté de l’opi-nion de Newton. Ces globules élastiques, rangés en file, prestespar une extrémité , & pressant l’organe par l’autre , expli-quoient suffisamment de son tems les phénomènes : la lumièreest en effet très - élastique , on en peut juger par la facilitéqu’elle a de rebondir fur les corps , &C de réjaillir dans l’instant
(a) Supra , p. IA).