DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 57 i
ces formes aux verres, imagina de les essayer fur des miroirs.
Un miroir parabolique étoic établi au fond du tube Scpercé d’un petit trou dans son milieu, c’est là qu’il plaçoitl’oculaire dont le P. Merfenne avoit cru pouvoir fe palier. Lesobjets réfléchis par le premier miroir étoient renvoyés fur unpetit miroir elliptique, d’où ils alloient tomber fur l’oculaire.Le géomètre trouva bien cette construction , mais i’art ne leservit pas ; il ne fut pas plus possible de donner la forme para-bolique Sc elliptique aux miroirs qu’aux verres ; l’expériencen’aida point la spéculation, jamais Gregori ne put parvenir àvoir les objets distinctement, Sc ses idées ingénieuses , ainsique celles de Merfenne, furent perdues. Newton réussit, parceque c’est le propre du génie de tout réduire à des notionssimples , Sc de circonscrire d’abord ses recherches dans lestermes de la possibilité. II n’avoit ni supérieur , ni égal engéométrie, cependant il ne s’occupa point de la rigueur ma-thématique ; en concevant l’idée d’employer des miroirs , ilne leur demanda que ce qu’on avoit obtenu des verres lenti-culaires ; il les assujettit les uns comme les autres à la figurecirculaire , Sc il réussit à construire lui-même un petit téles-cope de six pouces de longueur , qui faifoit autant d’effetqu u ne bonne lunette de trois pieds. Newton, qui ne dût fansdoute son idée qu’à lui - même Sc à une fuite de fes considé-rations profondes fur l’optique, peut donc être regardé commele véritable inventeur des télescopes , parce que fes idées ontété les plus justes Sc les feules exécutées. Ces inventions n’ontde valeur réelle que par la pratique ; c’est la jouissance dupublic qui donne droit à fa reconnoissance. Le succès de Newtonsi t revenir fur les tentatives infructueuses de Merfenne Sc deGregori ; mais que fait au monde une idée ingénieuse dontl’exécution a été impraticable ? Le mérite est de la rendre
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