DE L’ASTRONOMIE MODERNE. î75
& parfaitement pur. Le génie , par sa nature , est: ardent,passionné, il semble que ce soit le besoin du mouvement quilui faste prendre l'essor. Celui de Newton sut grand , sanspassion, Se tranquille fans rien perdre de son activité. On voitque ses pensées ont dû se développer avec ordre , Sc s’enchaîneravec régularité. II ne fait point d’effort pour atteindre lesvérités, il se sert de Tune pour saisir l’autre; 6c lorsque tousles hommes qui ont tenté d’approfondir les causes , qui ontcherché la gloire dans les découvertes , donnent l’idée de mou-vement Sc de course incertaine par leurs écarts Sc par leurschûtes , Newton nous donne l’idée d’un observateur immobilequi voit successivement se développer le ciel entier tournantautour de lui. tout ce que les hommes cherchent avec tant depeine 6c d’eíFort, est: venu s’ossrir de soi-même. Le génie deNewton semble ne lui avoir servi qu’à le transporter au centre dela nature, au point où aboutissent tous les rayons de la vérité ;là il a été spectateur, Sc il a raconté ce qu’il a vu.
La simplicité de Newton , sa modestie , naissoient de sasupériorité ; on s’en étonne en considérant cette supérioritémême ! Les hommes de cet ordre font facilement des chosesdifficiles, comment admireroient-ils des œuvres qui leur ontsi peu coûté ? Ce n’est point un paradoxe de dire que la vaniténe naît point de la facilité du travail 6c de la rectitude desidées, il faut avoir eu souvent tort pour s’enorgueillir d’avoirraison. Les hommes ne s’aplaudissent que quand ils font surprisde leurs productions : ils attachent un grand prix au fruit desefforts pénibles ; f orgueil est le sentiment de la médiocrité Scl’aveu de notre soiblesse.
Ce qui contribue à nous faire croire que les découvertes deNewton ont été aussi faciles qu’elles font sublimes, c’est le peude loin qu’il a mis à s’en assurer la possession. L’humeur, les