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Tome second.
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576 HISTOIRE

jalousies , les haines qui ternissent quelquefois la gloire desfavans , font peut-être la mesure de leurs peines Le de leursveilles ; on regrette de perdre les choses a raison de leur prixplutôt que de leur valeur. Lorsque Newton eut trouvé l’expres-sion de la rectification générale des courbes , il vit avec indif-férence paroître l’ouvrage où Mercator donna la quadratureparticulière de Phyperbole ; il ne se pressa point de publier lelien ; il s’en défendit même en disant qu’on étoit sur la voiede cette découverte, que Mercator, ou d’autres à fa place trou-veroient ce qui reftoit à découvrir. Les premieres réclamationsque produisirent ses idées fur la lumière Lc fur l’optique, luifirent renfermer pendant trente ans cet ouvrage vraiment ori-ginal plein de génie. La dispute relative à l’invention ducalcul différentiel que Leibnitz peut partager avec lui, le cha-grina vivement, plus comme perte de repos que comme dimi-nution de gloire , mais il ne répondit jamais ; ce furent fesdisciples &c fa patrie qui répondirent pour lui. Newton avoitl’ame d’un sage pour qui le repos est le premier des biens; lacontemplation de la nature demande ce repos aussi-bien quela jouissance de la vie. Quelles âmes pour s’occuper de cesgrands objets de l’univers &c de la nature, que celles qui fonttoujours ouvertes aux petits intérêts de gloire 6c de fumée ,qui font toujours troublées par des orages, lorsque l’étude abesoin de calme Le de silence ! Le tems fe perd dans ces dis-tractions honteuses, le génie te consume ée la vérité lui échappe.Newton desiroit ce repos , parce qu’il connoistoit le véritableemploi du tems ; il méprisa la gloire , qui le íuivit malgré luiêe qui reste éternellement attachée à son ombre; il acquit lapaix , la tranquillité de la vie par cette heureuse indifférence,& fur-tout par la vertu qui est le premier êc le plus sûr detous les moyens.

§.XLIX.