DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 577
§. X L I X.
Newton avoir toute fa gloire au terme de la moitié de sonâge, il employa l’autre moitié à servir sa patrie ; des emploisimportans l’éloignerent des sciences : nous avons pu le placertout entier à l’époque où nous sommes. II passa le reste de favie à recueillir le fruit de ses travaux , à jouir d’une estime Scd’une admiration qui furent universelles. On le combla debiens* Sc d’honneurs, qui ne valent pas cette estime Sc cetteadmiration, Sc qui honorent moins encore l’homme qui lesreçoit que la nation qui les donne. L’éloge des Anglois setrouve nécessairement lié A celui de Newton : cette nation aégalement le discernement du mérite Sc la constance de l’ad-miration; chez elle le génie a un rang Sc devient l’objet d’unhommage durable. Newton, peut-être le génie le plus rare detoutes les nations Sc de tous les ílecles, excita un enthousiasmegénéral ; sa philosophie étoit celle de l’Angleterre , tous lesgrands hommes étoient ses disciples. Le peuple des savans, pluslibre encore chez un peuple libre , l’avoit choisi pour chefou pour dictateur , Sc la nation lui rendoit une espece de culte.Ce grand homme montra encore sa supériorité en conservantsa modestie, elle ne l’abandonna jamais ; fa raison ne fut pointtroublée par le concert de tant de suffrages illustres, il poffédatoujours son ame; il fut toujours aussi grand par elle que parses talens : après avoir long-tems joui de ce que les hommesont de plus cher, la vertu Sc la gloire , il s’endormit à quatre-ving-cinq ans dans la,paix qu'il avoir cherchée, Sedans cetâge avancé, qui semble être la récompense de la vertu , Sc lasuite du calme de la vie.
On exposa, comme les Rois, aux regards publics le grandhomme qui n etoit plus, Sc qui devoir à jamais honorer faTome 11. Dddd