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Tome second.
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HISTOIRE

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la terre; mais elle trouva un nouveau Copernic, qui entrepritslins nécessité de démentir les yeux, de mettre la lune en mou-vement autour du soleil dans un orbe annuel , & de forcernotre globe de tourner autour de son satellite. Le P. DomAlexandre, Bénédictin, avança cette opinion dans une dissier-tation fur les causes du flux Lc du reflux de la mer (a). Cetteidée bizarre n’étoit pas si facile à combattre qu'o n pourroit lepenser ; les apparences font à très-peu près les mêmes , soitque la terre ait réellement les mouvemens que nous lui con-noiflons, loit que nous transportions ces mouvemens à la lune ,pour donner les liens à la terre. Les Coperniciens , qui avoientdépouillé le soleil, n’étoient pas trop en droit de fe plaindreque la terre fût dépouillée à son tour; ils ne pouvoient pasopposer le témoignage des yeux, puiíqu’ils l’avoient comptépour rien : cependant cette nouvelle hypothèse n’avoit pointpour elle toutes les raisons de vraisemblance qu’avoit le sys-tème de Copernic. Quelle apparence qu’une grossie planètetournât autour d’une petite ! Que cette grossie planète décrivîtun petit cercle, tandis que la petite en décriroit un très-grand!L’analogie tirée de tous les faits de notre système ne permettoitpas de le supposer : mais l'analogie peut nous tromper ; le peu devraisemblance d’une opinion ne suffit même pas pour la détruire,il faut des démonstrations. La nouveauté & la hardiesse de cetteidée piquèrent la curiosité de M. de Mairan , qui examina laquestion avec fa sagacité ordinaire ; il trouva que si la terre semouvoir autour de la lune en un mois , le mouvement dusoleil paroîtroit un peu plus rapide dans les nouvelles lunes,èc plus lent dans les pleines lunes. Cette inégalité très-obser-vable n’a jamais été apperçue. M. de Mairan trouve encore

(a) Impr. à Bordeaux & à Paris en 1716 ,