6 l 6
H I S T O. I R E
§. XVI.
U n E des premieres observations du chevalier de Louville ,entré à l’Académie en 1714, fut celle de l’obliquité de l’éclip-tique ; il la fit avec ce talent de la précision qui fait les bonsastronomes ; 6c cette précision qu’il avoit cherchée 6c obtenuele rendit assez hardi pour en tirer un résultat ingénieux, quiéleva une longue querelle dans Gastronomie. II trouva cetteobliquité de 23 0 28' 41". Caísini 6c la Rire l’avoient fixée à23 0 25s cs; Richer à Caïenne l’avoit observée de 23 0 28' z4^ :l’obfervation de Louville la donnoit donc plus petite. II avoitgrande confiance dans les déterminations de la Rire 6c deCaísini ; les loins qu’il avoit employés lui répondoient de iasienne. Ces résultats également certains ne pouvoient différerque par la faute du ciel ; il osa conclure de cette petite dif-férence de 19 ou de 13^, que i’obliquíté de l’écliptique étoitsujette à quelque diminution (a). Cette conclusion pourroitparoître un peu précipitée, mais il avoit raison , 6c elle n’étoitque hardie ; elle n’étoit que la suite d’un tacs plus fin 6C d’unjugement plus sûr. Cette idée de la variation de l’obliquité del’écliptique naquit, comme on l’a vu (b), chez les anciens ;elle y fut ou connue , ou du moins soupçonnée : 6c dans lestems écoulés depuis les Grecs qui nous l’ont transmise , ellen’a point ce fié d’avoir des partisans. Thebith la fit renaîtrechez les Arabes, Copernic la joignit à l’idée également renou-velée du système du monde; Képler l’adopta. Cependant malgrétoutes ces autorités , la conclusion du chevalier de Louvilleparut aussi extraordinaire que si elle avoit été entièrementneuve. II faut avouer qu’il vouloir l’appuyer fur la précision (*)
(*) Hist. Acad. des Scieo, 1714. (J>) Híst. Astroa. anc. p, 14».
moderne