& le mettre sur la voie de la vérité ; il étoit naturel de soup-çonner qu’elles tenoient à la révolution de la terre autour dusoleil. Le trait de génie fut de penser au mouvement progressifde la lumière. Bradley imagina que ce mouvement pouvoitaffecter annuellement le lieu des étoiles, comme il affectoitchaque année les tems des éclipses des satellites de Jupiter.
§. XVII.
Si la vitesse de la lumière étoit infinie, la lumière parcourroitinstantanément la distance des étoiles à la terre. Nous ne con-noiffons point cette distance, on fait seulement qu’on peut laregarder comme infinie. Nous ignorons également le tems quela lumière emploie à parcourir cet intervalle ; mais la connois-sance en est indifférente à l’astronomie : íì l’on suppole la terreen repos, la distance aux étoiles restant toujours la même ,qu’importe le tems que la lumière met à le traverser? Ses parti-cules se succèdent en forme de rayons continus (a) & lorsquenotre globe, en tournant sur lui même, permet à un point dela surface d’appercevoir une étoile placée à l’horizon , ce pointse trouve à l’extrémité d’un de ces rayons ; il est le terme d’une filede particules, 8c l’étoile est vue à l'autre extrémité : elle paroîtse lever , òc nous recevons ces particules de lumière, fans nousembarrasser du tems de leur voyage, ÒC fans que les apparencesen soient changées. Si on suppose, comme on doit le faire,la terre en mouvement autour du soleil, les phénomènes nechangent, les apparences ne varient qu’en raison de cette
(a)On peut calculer par exemple, d’aprèsle résultat de l’expétience d’Huygens, cjuesi les étoiles tVétoient que 17664 fois plusloin que le soleil , la lumière employeroitcinq mois à venir de là jusqu'a nous ;somme elles font infiniment plus loin, cetems est beaucoup plus long. Mais il faut
considérer que les particules de lumière sesuccèdent immédiatement; elles pleuvcnrcontinuellement fur nous Si le globe étoitimmobile en recevant cette lumière , nousverrions l’astre dans son vrai lieu, sans quele tems du trajet des rayons en changeâtl'apparence.