DE L’ASTRON OMIE MODERNE. y
regardée comme un système; elle aparcenoit à un principeocculte , celui de l’attraction , à un principe infiniment diffi-cile à admettre, d u moins dans son universalité. Depuis lelivre immortel des Principes de la Philosophie naturelle, onvoyoit bien cn général que les astres se mouvoient, commes’ils étoient attirés l’un par l’autre : les phénomènes des corpscélestes avoient , pour ain fi-dire, forcé la croyance ; mais ondoutoit peut-être encore si les petites parties de la matièresubissoient la même loi que les grandes masses. D’ailleurs ,quand un homme de génie montre une cause, qui a pu pro-duire un effet inconnu , inobservé, on peut douter si la naturene cache pas une autre cause qui a pu le détruire. Ces vues del'esprit, ces conséquence;? ii’un principe vraisemblable & re-connu juste dans une infinité de cas, peuvent servir de guides;mais les sciences ne marchent que par les faits & par lesdéterminations. Ce font les bons esprits qui doutent , quirésistent pendant quelque tems ; & qu’on ne se plaigne pointde cette résistance, elle est souvent utile , sans pouvoir jamaisnuire. La vérité triomphe des obstacles , òc les erreurs, tou-jours foibles quand elles font jeunes , font les feules écartées.
L applatissement de la terre, cette conséquence de la théoriede la gravité, avoit en effet rencontré de grands obstacles enFrance. Dominique Caffini, en suivant la méridienne de l’ob-servatoire de Paris jusqu’à Amiens & jusqu’à Perpignan, avoitmesuré sept degrés de la terre. Nous avons dit que ces degrés,qui parurent diminuer (a) en allant du midi vers le nord ,indiquoient un applatissement du globe , non au pôle, mais àl’équateur. Ces mesures prolongées vers le nord, donnerent lemême résultat. Le Marquis de Poleni avoit proposé en 1729
(û) Supra , Tome II. page 6 37.