I4 . HISTOIRE
d’îles assez proches les unes des autres, on avoir projeté d’em-ployer ces points remarquables de la mer pour former destriangles, tandis qu’on auroit mesuré fur le rivage une base,pour en déterminer les distances. Le transport des instrumens8c les voyages fc feroient faits fur des barques avec moins defatigue 8c d’cmbarras. Mais ces îles dénuées de hauteurs ,croient presque toutes à sieur d’eau ; elles ne pouvoient s’ap-percevoir d’une assez grande distance ; elles fc cachoient lesunes les autres , ou bien elles n’étoient point rangées commeil eût fallu, pour suivre un méridien. On fut forcé de renon-cer à ce projet. On fe rendit à Torneo , ville située au fonddu golfe de Bothnie Lc touchant au cercle polaire. C’étoit là8c au nord de cette ville qu’on fe propofoit de chercher unlocal propre à la mesure du degré. Mais en s’avançant vers lenord , en s'éloignant de cette ville qui est la dernière de laSuede, on s’éloignoit des lieux habités par des hommes , onne devoir plus rencontrer que des difficultés , des déserts 8Cdes Lapons, qui font une espèce dégénérée & presque sauvage.II n’y avoir que deux manières de pénétrer dans ce pays, l’uncen naviguant fur un fleuve rempli de cataractes , l’autre cntraversant à pied des forêts épaisses 8c des marais profonds. Ilfalloir séjourner dans ces contrées presque solitaires , s’y con-tenter de mauvais alimens , s’y défendre contre une légion demouches cruelles, qui pendant l’été forcent les Lapons mêmede remonter au nord , te de chercher au bord de la mer gla-ciale un asile contre ces tyrans de leurs déserts. II falloit gravirdes montagnes escarpées où l’on devoit placer des signaux, dé-pouiller ces montagnes des forêts qui couvrent leur sommet 8cen dérobent la vue; 8c fur ces sommets ainsi dépouillés, établirdes observatoires, y porter des instrumens pefans , 8c faire desobservations délicates qui font difficiles partout, même dans les