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Tome troisième.
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attendant fur ces hauceuirs que la chute des brouillards leurrendît la vue de la terre & des objets cnvironnans. Souventalors les signaux placés fur d’autres montagnes , n’cxistoientplus , tantôt renversés par le vent, tantôt volés par les indiens.11 falloir alors les replacer avec une nouvelle fatigue, de nou-veaux dangers , 6e une nouvelle perte de tems. Dans la zonetorride, on n’imaginc que Texcès de la chaleur, on croit nebraver que les feux d u sole d : mais la nature conserve dans cesmontagnes un froid égal à celui des pôles ; toutes les faisonsde Tannée y règnent a la fois, depuis Tété brûlant jufqu’àThiver le plus rude. JVÍ■ de la Condamine cherchant à monterfur la bouche du volcan de Pichincha, surpris seul par la nuit,perdu dans les bois qui couronnoicnt la montagne , 6c à lahauteur oh on commence ;î voir tomber une pluie auíli froideque la neige qui tombe uiì peu plus haut, pensa y périr : ilsentoit ses pieds se glacer, lorsque le jour long - tems attenducommença à paroître ; fes habits , son chapeau , ses cheveuxétoient roides de glace 6c hérisses de frimats. II étoit tems quela lumière du jour vînt lui montrer ion chemin , 8e lui per-mettre de descendre pour faire allumer du feu , pour trouvermême un climat plus doux, 6c pour échapper au danger depérir de froid , danger difficile à prévoir fur un volcan (a). Cefont ces dangers 6c ces fatigues qui ont éprouvé le zelo desAcadémiciens François ; cc font ces difficultés réunies & ren-contrées à chaque pas, qui ont retardé le succès de leur entre-prise. La mesure du degré au cercle polaire avoir été achevéeen moins d’un an ; celle cìc la zone torride le fut à peine enhuit ans. M. Bougucr ne revint en France qu’après cet inter-valle de tems, 6c même M. de la Condamine, qui prit une

(a) La Condamine, \oy âge à il'équatcur, Introd. p. i;c.