3 «r HISTOIRE
C’est ici qu’on peut connoître la différence des rems Sc lesprogrès de la science. Jadis les Chaldéens se trompèrent de5700 toises fur le degré, fans s’en douter (a) : les Arabes »plus habiles , ne furent en doute fur fa longueur que de 600toises ; ils partagèrent Terreur fur les deux degrés mesurés , Scfe font peu inquiétés que leur détermination fût assujettie àune incertitude de 300 toises. Aujourd’hui nous disputonspour quelques toises ; on ne craint point de répéter les opéra-tions les plus difficiles pour s’affranchir de cette incertitude.
Trois méridiennes ont été tracées à travers la France ;trois perpendiculaires coupent les méridiennes ; ces longuesSc pénibles opérations , cette description d’un vaste royaume,faite la toise à la main , Sc avec la régularité de la géomé-trie , font des travaux inconnus aux anciens. La France ena donné l’cxemple ; Dominique Caffini en a formé le projet,Sí Ta laissé en héritage à fa postérité constamment savante.Jacques Caffini son fils, M. Caffini de Thury son petit - fils ,les deux Maraldi ses neveux , associés à M. de la Caille ,ont marché fur fes traces. Lc travail tend vers fa fin ; c’estau zele de M. de Thury que nous en devrons Tcntière exé-cution ; la carte de France fera bientôt complette. Si nousadmirons les mesures de quelques degrés , exécutées jadis parEratosthènes , Posidonius, Sc par les Arabes , que diront nosneveux de cette mesure d’une région entière 1 Elle devient unmodèle que plusieurs nations de TEurope s’empressenr d’jmiter.Ce font de telles entreprises qui font la gloire d’un peuple. Laterre peut changer, les empires fe détruire, les monumens des
fur le degré : fa base n “y étoit que pour 6o.Maison a remarqué que Picard, fur la finde son opération , pressé par 1 approche del’hiver , s’étoit négligé dans >a partie sep-tentrionale de ses triangles j & plusieurs
petites erreurs accumulées avoient été ajou-tées à la première. ( Mém. de PAcad. desScien. 1754 , p- 1 8 j ).
(a) Histoire de l’Astronoraic ancienne >p. 147.