z8 HISTOIRE
Voilà donc des degrés qui vont en croissant vers le pôle ,Sc qui donnent à la terre une figure applatie, conformémentà la théorie de Newton & à la mesure faite on Laponie ; lesmesures de France ne sont plus en contradiction avec cettethéorie. On voit combien dans ces recherches délicates, onpeut cependant obtenir de précision , comment on parvient àdes résultats certains : la théorie, toutes les mesures de la pra-tique , faites en France Le au nord , malgré l’immensité deleurs détails, conspiroient pour accuser Picard Sc pour indi-quer une erreur de six toises dans la mesure de sa base ; l'er-reur de cette mesure étoit le nœud de la difficulté.
M. de Thury Sc M. de la Caille profiteront des travaux géo-désiques qu’avoicnt fait naître la prolongation de la méridiennede Paris Sc la description de la France , pour tenter dans cemême royaume la mesure des degrés de longitude. Les distancesterrestres étoient déjà mesurées , il ne s’agissoic que de con-noître Tare céleste qui y répondoit : on employa la méthodedes feux (a). La distance terrestre Sc en longitude entre la mon-tagne de Cette en Languedoc, Sc celle de Sainte Victoire enProvence, fut trouvée de 78600 toises , & I’arc céleste de 73 3^ dc tems, ou dc i° 5 x «/ [b). II en résulte que l’étenduedu degré de longitude à 43°î de latitude ou de distance àTéquatcur, est dc 4 1 6 1 8 toises. Ce degré scroit seulement de41358, si la terre étoit sphérique ; la distérence est dc 160toises , Sc telle qu’eìle doit être pour indiquer que la terre estapplatie. Cependant elle n’est pas décisive pour la quantité del’applatissemcnt, car ces 260 toises répondent à 3" de tems, 8cTerreur possible peut égaler au moins la moitié de cette quan-tité. Mais quand on sc rappelle les incertitudes que la mesure
(a) Supra , p. n.
(i) Miírid- fcrif. pag. 15 Lc 96.