DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 41grand au Cap de Bonne-Espérancc, à la latitude méridionalede 34 0 , qu’il a été trouvé en France à la latitude septentrio-nale de 49 0 ; il sembleroit donc que les deux hémisphères neFeroient pas semblables, 6c que la terre auroit été plus applatiepar le pôle austral que par le pôle boréal. Ce n’est pas tout,MM. Mafon & Dixon ont mesuré dans l’Amérique septen-trionale un degré qui ne s’accorde ni avec ceux de France, niavec celui de M. de la Caille. M. l’abbé Beccaria a trouvé enPiémont le degré semblable à celui de France pour la mêmelatitude; mais MM. Boscovich ôc Maire, M. Liesganig (a ),les uns en Italie , l’autre en Autriche Sc en Hongrie , onttrouvé des degrés qui ne s’accordent pas avec ceux qui ont étémesurés en France à la même latitude , mais fous un autreméridien [b).
Voilà bien des incertitudes, Sc assez pour nous apprendrecomment la perfection des sciences Sc des arts devient st diffi-cile, qu’ils ne font presque plus de progrès. Lorsque nous vou-lons descendre à des mesures trop petites, à des résultats si
(a) Liesganig , Dimensïo graduum , & c .
p. 11 4 .
Ce qu’il y eut de très - singulier , c'estqu’en partageant fa mesure en trois inter-valles , il trouva trois degrés différens ,l’un de 57366 toises, I’autre de 57085, letroisième de 568<19. Le P. Liesganig avoircependant opéré dans toutes les mesures ,tant géodéfiques que célestes , avec l’intel-ligence & les précautions nécessaires; ilavoir fait usage d'un sextant de 10 piedsde rayon. Mais il pense que l’attractiondes montagnes de Stirie a produit ces diffé-rences, trop grandes pour être attribuées àTerreur des opérations faites par un hommeaussi capable que lui. ( Trans. philos. 1768,p. 15.). Voila une nouvelle preuve de l’ac-traction des montagnes.
(è) M. Maskeline pense que les méridiens
Tome III.
peuvent n'être pas semblables , ou du moinsque l'attraction des montagnes a beaucoupaltéré quelques-unes dc ces, mesures. ( TrunJ.philos. 176 8 , p. 170.
M. Cavendish a examiné la chose plusscrupuleusement, & ayant calculé géomé-triquement Teffei des inégalités de la terre,il a trouvé que d’une part l'attraction desmontagnes , de l'autre , pour les mesuresqui ont été faites près de la mer, Tattrac-tion plus foible de seau ont pu produireune différence de 60 à 100 toises dans lalongueur du degré. Ce n’est donc que parde nouvelles recherches fur les circons-tances de toutes ces mesures, qu’on pourraparvenir à les faire accorder , ou bien ilfaudra se résoudre à ignorer toujours lavraie St exacte figure de la terre ( lhid.p. 313.
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