4 Z HISTOIRE
fins 5c si délicats, qu’ils échappent à nos sens 5c à nos moyens,nos opérations ne peuvent plus correspondre aux vues de l'es-prit, 5c la perfection que nous appercevons, que nous croyonssaisir, s’éloigne fans cesse Lc recule devant nous , comme cesobjets que le voyageur trompé volt à peu de distance , 5c croitêtre prêt d’atteindre. Mais quelque contradiction que nousayons remarquée dans les résultats précédens,il est des pointsfur lesquels ils s’accordent, il est des différences dont on peutsoupçonner les causes ; c’est à la théorie que nous devonsdemander des lumières. Newton 5c Huyghens a voient tonsdeux enseigné que dans un globe primitivement fluide, la forcecentrifuge , produite par la rotation , avoit dû élever l’équa-teur 5c applatir les pôles. Huyghens considérant la pesanteurcomme une force due au globe pris en maffe , trouvoit unapplatiflement de j’g e . Newton, persuadé que cette force nais-sent de l’attraction de toutes les parties qui pèsent les unesvers les autres , applatiffoit la terre , plus que n’avoit saitHuyghens, 5c faisoit cet applatiflement de Les résultatsprécédons permettent de prononcer entre les deux théories. Lepremier résultat que l’on peut admettre comme vérité , c’cstque la terre a été originairement fluide ; ses parties animéespar la pesanteur 5c liées par la cohésion , n’auroient pas obéià la petite force centrifuge, si elles n’avoient été molles, ouplutôt liquides 5c capables de glifler facilement, ou de roulerles unes fur les autres (a). La quantité déterminée de cet appla-tiflement , quoique presque toujours différente par les diffé-rentes mesures , s’éloigne infiniment de i’appîatissement quedonne la théorie d’Huyghens ; celui-ci n’est à-peu-près quede 6 ; o c partie ; le plus petit qui nous soit donné par les observations
(a) Sufrà Tome II. p. 53J,