85 HISTOIRE
des comctes observées depuis un íiecle , ont paru dépouilléesde cette traînée lumineuse qu’on a nommée leur queue , Lcdonc le spectacle inaccoutumé a si souvent effrayé les esprits ;mais on n’a jamais vu aucune comcte qui ne fût environnéed’une nébulosité blanchâtre , cspece d’atmosphèrc dont lesformes variées, bizarres , & certaines ressemblances lui ontfait donner le nom de barbe ou de chevelure. L’astre nouveauen eíl entièrement privé : il est petit, mais brillant , d’unelumière vive ; il est en tout semblable aux petites étoiles dési-gnées de la sixième grandeur. Confondu parmi elles , on nepeut le distinguer que par l’observation de son mouvement ;mouvement qui est lent & d’environ deux minutes par jour.Cet astre a paru suivre Pécliptiquc , jusqu’à ce moment où ilest enveloppé des rayons du Soleil ; à la sortie, l’observationpourra nous éclairer fur fa nature. Cet astre, quel qu’il soit ,ne peut être qu’une comete, une planète ou une étoile ; maisdans tous les cas, c’est un phénomène extraordinaire. Commecomete, n’ayant ni nébulosité ni queue, il seroit le premierqu’on eut observé de ce genre ; mais cette circonstance neseroit pas son unique singularité. Un amateur illustre de l’As-tronomie , M. le Président de Saron , a calculé quel seroitl’orbe de cette prétendue comete ; il a trouvé qu’elle étoitactuellement éloignée de nous deux fois plus que Saturne ,dix-huit fois plus que le Soleil, & qu’elle n’arriveroit à fa plusgrande proximité de cet astre qu’cn 1784. Aucune cometen’a paru trois ans avant son passage au périhélie , aucunecomete n’a été vue à une si grande distance , à une distancedouble de celle de Saturne. Les calculs dont nous parlons nepeuvent être tout-à-fait exacts, parce qu’on n’a encore observéqu’une petite partie d’un mouvement très-lcnt ; ils ne le fontmême point du tout, si l’astre n’est pas une comete, parce
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