DE L’ASTRONOMIE MODERNE. $ 7
qu’on a supposé qu'il marchoit suivant leurs loix , qu’il décri-voit en apparence une parabole, comme elles ont coutume dcle faire. Si on saisoit palier une courbe de ce genre, commecela est possible , par trois lieux observés de Saturne, on n’ob-tiendroit que des résultats faux , parcc qu’on lui supposcroitune marche qui n’est pas la sienne. Si l’astre est une planète ,il faut donc avoir recours à d’autres méthodes ; cette opinioncommence à prévaloir en France & en Angleterre. M. Lexellnous mande de Londres qu’on y représente toutes les observa-tions , en supposant que l’astre se meut dans un cercle dont lerayon est double de celui de Saturne. Ce seroit donc une pla-nète qui jusqu’ici auroit échappé aux observations ; on nedoit pas en être étonné , puisqu’elle se confond si bien avecles étoiles , que ceux qui ont fait des catalogues ont dû l'ob-server, Sc l'inscrire comme telle. M. Messier pense même qu’onpourroit expliquer par-là pourquoi certaines étoiles marquéesdans les catalogues, ne se trouvent plus dans le ciel. Les posi-tions de ces étoiles ne scroient que les positions passagères dela planète trouvée en différens lieux , dans difFérens tems ,Le par différons observateurs ; mais il reste encore à expliquerpourquoi cette planète si petite en apparence , si prodigieuse-ment éloignée de nous , nous renvoie une lumière si vive, unelumière étincelante, comme celle des étoiles. Ce caractèresembleroit rapprocher l’astre inconnu de la nature de ces astresregardés comme fixes comme lumineux par eux-mêmes. Lamultitude des étoiles est dans un repos parfait ; leurs placesfont les mêmes dans le ciel, leur distance respective ne changepoint : si quelques-unes se sont écartées de cette loi générale,ce font les plus grandes. D’ailleurs , ces mouvemens observésdans quelques étoiles font très-lents ; il a fallu vingt siéclespour s’en assurer. Celui-ci est d’une toute autre espèce , il sc