94 HISTOIRE
donnoit les hauteurs un peu trop grandes; il en devoit égalementrésulter des réfractions trop grandes. II est: certain que plusieursobservateurs , à la tête dcsquels étoit le célébré Bradley, t con-voient constamment les réfractions moindres que M. de laCaille; il imaginoit de son côté, que leurs instrumens don-noient les hauteurs trop petites. Ce procès n’a pas été jugé ;il est même difficile qu'il le soit. L’objet de la contestationn’est que de six secondes. Nous voyons le progrès des choses :dans le dernier siecle on étoit tranquille , malgré une diffé-rence de 3 o" ; aujourd’hui cette légère incertitude de 6" rendsuspecte la Table de M. de la Caille, Sc suffira peut-être pourla faire abandonner.
Les incertitudes sont bien plus grandes fur les petites hau-teurs. Les astres près de l’horizon sont plongés dans les vapeurs;il faut une méthode particulière pour les observer. M. lePrince de Croy ayant fait bâtir un pavillon destiné à servird’observatoirc , auprès de Chatillon, à une lieue de Paris, furun sol affez élevé , M. le Monnier, qui avoir commencé cettethéorie des variations de la réfraction par la chaleur , pensaque l’observatoire de M. le Prince de Croy pourroit lui servirà continuer ses recherches , Sc même à déterminer la réfrac-tion horizontale. Les étoiles boréales , affez éloignées del’équateur , décrivent des cercles diurnes qui coupent fortobliquement l’horizon ; la réfraction qui les élève, les trans-porte dans un autre cercle diurne, Sc les fait lever Sc coucherà d’autres points de l’horizon. En calculant, par les positionsconnues des étoiles, Tare intercepté entre les vrais points deleur lever Sc de leur coucher , comme il paroîtroit , s’il n’yavoir point de réfraction ; en observant la grandeur altérée decet arc , la différence donnera l’effet même de la réfraction :il est tel qu’une réfraction plus grande ou plus petite d'une