DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 97
d’incertitudes ; elle échappoit aux observations. II a fallu uneméthode telle que celle de M. du Séjour, St qui permît defaire concourir la totalité d’un grand nombre d’observations ;il faut beaucoup de témoins pour les choses difficiles à consta-ter. On doit admirer l’industrie de l’homme, qui sait démêlerun phénomène si foiblc fur le globe, à la vérité le plus prochede nous, mais encore bien éloigné, relativement au peu d’éten-due de nos organes. Telle est cette atmosphère si long - temscherchée Sc si difficile à constater. Il faut que l’air qui envi-ronne la Lune , soit bien peu dense, pour que la plus grandede toutes les réfractions n’y soit que de deux secondes unquart : à peine ce fluide mérite-t-il le nom d'air; il se rappro-che bien plus de la nature de l’éther. Pour en trouver ici unsemblable , il faudroit monter sur les plus hautes montagnes,ou plutôt atteindre ces limites de 5158 toises où leur sommetn’attcint pas, Sc que M. Bouguer a marquées à la réfractioninsensible; qu’est-ce en ester qu’unc réfraction de deux secondes,si ce n’est une réfraction insensible? On peut dire encore quemalgré la découverte de M. du Séjour, la Lune n’a pointd’atmofphère : celle qui résulte de nos recherches est du moinsdans un état d’imperfection ; c’est une atmosphère , ou feule-ment en partie commencée, ou déjà en partie détruite. S’il estnaturel de croire que les atmosphères appartiennent aux corps,qu’elles en font des émanations Sc le produit de la chaleur , ilest également naturel de croire que la Lune est incapable deces émanations , qu’elle est privée de la chaleur qui agite l’in-térieur des corps, Sc qui en fait évaporer les parries les plussubtiles. Seroit-il trop hardi de conclure que quand un corpsn’a pu se former une enveloppe de ses propres émanations , ilest entièrement stérile, dans un repos absolu Lc glacé , qui estl’état de mort pour les corps inanimés ? Comment la LuneTome III. N