ioS HISTOIRE
empêcher la vue du phénomène ; un instant lui sit perdre îcfruit d'un voyage pénible. Mais les onze années passées dansTlnde ne furent point perdues pour lui ; il en a rapportéun grand nombre d’obfervations utiles , & la matière d’uncrelation intéressante qu’il vient de publier. M. l’abbé Chappepaya cher le bonheur d'avoir réussi dans son observation dece fameux passage ; il avoit été l’attendre en Californie , ily mourut victime de son zele , èt acheta de sa vie l’hon-neur de cette grande décision. L’histoire lui doit des éloges ,& les hommes de la reconnoissance. M. l’abbé Chappe por-toit dans la carrière des sciences le même courage que sonmontre dans celle des armes ; le péril ne l’étonnoit pas ,pourvu qu’il fut sûr d’échanger fa vie contre la gloire.
Les observations faites dans tous les lieux habités par desfavans furent nombreuses, & cette fois les conclusions devin-rent plus uniformes ; la feule observation de l’abbé Hcll àWardhus s’écarte sensiblement des autres. M. de la Lande quila rejeta , établit la parallaxe du soleil de 8 # £ (a). M. Pingré ,qui admit l’obfervation de Wardhus, trouva la parallaxe de8 è (b). M. Lexell trouvoit S ff -^ es . C’est donc certe petite quan-tité que nous cherchons depuis Aristarque jufqu’à nous , c’est-à-dire , depuis vingt siécles ; que nous avons obtenue en tra-versant les mers, en nous transportant dans des pays ou glacés,ou sauvages; enfin par le sacrifice de la vie même à cettecuriosité inquiété, qui fans cesse tire l’hommede son repos , &qui est la source de ses progrès & de fa perfectibilité : heureuxdu moins lorsque le succès le récompense! Nous devons êtrecontens de la précision que nous avons atteinte. En admettant,comme M. de la Lande, la parallaxe de 8'-î, il ne reste au
(«) Méra. Acad, des Scien. 1770, x. 416.
(b) lbid. p. J) 8 , 1772., p. )z8.