DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 139
qu’il nc doit jamais atteindre, 6c fe faire une copie aller res-semblante de ce grand modèle. En effet quoique l’universn’ossre nulle part des lignes parfaitement droites , des surfacesréellement planes, des triangles, des carrés, des cubes régu-liers , des cercles uniformes , des ellipses 6 c des parabolesréelles, l’homme mesure avec ces figures une infinité d’cspacesqui s’en écartent peu ; Sc lorfqu’il voudra descendre aux détails6c toucher de plus près la vérité des choses, il a des formesmoins simples 6c des courbures plus compliquées pour appré-cier les écarts mêmes.
Cependant lorsque Newton voulut appliquer la Géométrieà la physique céleste , & porter la science à cette hauteurextraordinaire , il fallut comparer ensemble des choses quin’étoient pas de même nature. Le mouvement s’accomplitdans un espace , il dure pendant un tems , il a une certaine■vitesse ; des espaces , des tems , des vitesses n’ont rien de sem-blable. Si la vitesse est d’autant plus rapide que l'espace par-couru est plus grand , 8c le tems employé plus court, quelrapport des tems 8c des espaces ont - ils entr’eux ? Cependantla Géométrie nc peut opérer que fur des rapports ôc fur deségalités. On parvient à la comparaison désirée entre ces chosesd’especcs si différentes, cn établissant pour chacune d’elles unmodule différent, une unité particulière; 6c lorsqu ’011 com-pare des vitesses, des tems 6c des espaces , la comparaisonde chacune de ces quantités avec son module particulier, esttoujours sousentendue. On dit que dans un mouvement uni-forme , en tems égal l’espace est comme la vitesse. Un corpsqui tombe parcourt quinze pieds dans la première seconde desa chute ; il acquiert par cette chute une vitesse, qui lui feroitparcourir uniformément trente pieds. Si nous prenons la se-conde pour l'unité de tems, trente pieds formeront une unité
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