DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 15;
magìna de l’exprimer par deux termes, dont le premier íui-voit la raison du carré des distances, loi primitive Sc devenuepresque sacrée; l’autre terme varioit comme les carrés carrés,ou comme les quatrièmes puissances de la distance. Ce termeëtoit très - petit, 5 c même s’anéantissoit dans les orbites desplanètes, qui font toutes assez éloignées du soleil ; mais à laproximité où la lune est de la terre , il devenoit capable deproduire le mouvement désiré ( a ). Cette propriété n’a rien quidoive étonner ; elle étoit l’ouvrage de l’art. Les suppositionsmathématiques peuvent représenter tout ce qu’on veut ; ellesréapprennent rien , quand elles ne font pas conformes à laphysique , 8c même à la métaphysique des Sciences. M. dcBusson défendit la loi de Pattraction ; il établit qu’ellc devoirêtre estimée par le carré inverse de la distance, comme toutesles qualités qui partent d’un centre ou qui y tendent, commela lumière , la chaleur , les odeurs , 8cc. Selon lui , c’étoit uneabsurdité d’admettre deux termes dans Pexpression dc cetteloi (b). Chaque terme, en pareil cas, est un module ; unepropriété générale , une qualité unique ne peut avoir qu’unemesure unique 5 c simple comme elle. Deux termes , deux mo-dules indiqueroient deux principes de variations , deux loixd'attracfion : ils décruiroient la simplicité supposée, nécessairemême dans cette qualité essentielle de la matière ; 5c pour
(a) Mém. Acad. Scicn. 1745 » p- 3 19.
(b) M. d'AIcmbert a remarqué depuis quecette loi composée seroit beaucoup tropgrande pour expliquer la pesanteur descorps terrestres. ( Recherches fur differensjoints importuns du système du monde , T. I,p. t8; ). Ainsi on eût perdu d'un côté cequ'on eût gagné de l’autre. CependantM. Bouguer (oupçonne que la loi du carrédes distances ne suffit pas pour rendre raisonies phénomènes de l'attraction dans le pointdu contact. 11 semble que la force soit alors
Terne III.
dans la raison inverse des cubes. M. Bou-guer est disposé à admettre des parties dela matière qui agissent suivant différentesloix. (Entretiens fur les causes des inclinai-sons des planètes , p. j 1 ). Mais fans recou-rir à cette diversité de loix qui répugne àla simplicité de la nature, il semble qu’oapeut attribuer ces différences apparentes àla figure des corpuscules primitifs & des 61 c-mens des corps ; figures, qui , comme onsair, changent beaucoup l’attraction de lamasse.
V