i6r. HISTOIRE
vement pouvoic changer k leur premier résultat. C’est ainsiqu’on passe k côté d’une difficulté , quand le tems n’est pasvenu de la vaincre. M. Euler a calculé l’esset de l’inertie deseaux Sc de leur résistance dans les hypothèses les plus vraisem-blables. M. d’Alcmbert a traité la même question dans sesréflexions fur la cause des vents: il en a donné même les équa-tions générales; mais il a été arrêté par la difficulté d’intégrer.Car pour remonter aux grandeurs , ce calcul inventé parNewton , constamment étendu Sc perfectionné de nos jours ,nous manque encore k tous momens. Mais ce qui est très-rcmarquablc, c’est que dans ce même ouvrage, où M. d’Alem-bert, parvenu à des intégrations alors impossibles, recouroick des suppositions pour éluder une difficulté insoluble , il afourni lui même les moyens de la vaincre, en découvrant unenouvelle branche du calcul intégral , celle des équations auxdissércnccs partielles. Cette invention est la source d’une infi-nité de progrès; c’est un nouvel instrument entre les mains del’analyste , Sc un moyen de plus pour la recherche des causes.En conséquence de ces progrès , M de la Place a cru devoirretraiter en 1777, dans toute leur généralité les questions duflux ôc du reflux de la mer , & de la préceffion des équinoxes.La Géométrie avoit alors des forces plus puisantes. Quelquesphénomènes du flux 6c du reflux n’étoient point expliqués parla théorie, ou même ses résultats parcifloient contraires à lanature; cette théorie, par exemple , donnoit des dissércnccsassez considérables entre les deux marées d’un même jour, Scl’observation démontroit que ces marées étoient sensiblementégales. Ce n’étoit pas une raison de douter de la cause , maisl’explication restoit incomplctre ; il étoit clair que la théorie,embarrassée par les difficultés, s’étoit égarée dans fa marche,& n’avoit pas tout embrassé. M. de la Place a donc déterminé