164 . HISTOIRE
question , avoient considéré la terre omme un globe entière-ment solide. Les dérangemens de ce globe , les petits mouve-mens qu’il reçoit sont-ils les mêmes, lorsqu'il a feulement unemasse compacte 8c solide , ou lorsque cette masse est recou-verte d’un fluide plus ou moins profond ? La différence pour-roit être sensible. Quelqu’hypothèse que l’on adopte sur lafigure 8c la densité des couches terrestres , fur la profondeur8c la densité de la mer , les loix, la marche, les rapports dela précession 8c de la notation, comme l’a dit M. d’Alemberc (u),sont immuables ; mais il n’en est pas de même de la quantitéabsolue de ces phénomènes. II y a telle de ces hypothèses ,qui, en ayant égard à l’influence de la mer, donneroit la p ré-cession nulle, 8c telle autre qui la feroit dépendre toute entièrede cette influence. M. de la Place parvient même à ce résultat,que si on suppose la terre homogène , 8c d’une densité égale àcelle de la mer , il n’y aura ni précession , ni notation. Orces suppositions font celles que New ton a adoptées pour déter-miner le flux Sc le reflux de la mer, Sc la figure de la terre.S’il les avoit suivies dans la recherche de la précession deséquinoxes , plus la solution auroic été exacte , plus elle auroïcété en erreur. Nous ne dissimulons rien , puisque nous disonsles fautes de Newton : mais la maturité des siécles , qui est lefruit de l’expérience Sc du génie , juge Sc corrige le géniemême ; Page perfectionne les sciences , comme il instruit leshommes. Nous avons une précession Sc une notation, parceque la densité de la mer n’est point égale à celle de la terre ,parce que notre globe n’est point homogène. Enfin la profon-deur , partout à peu près égale de la mer , déjà prouvée parLégalité des deux marées du même jour, rend ces mouvemens
(«) Supra, p. x 60.