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Tome troisième.
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DE L’ASTRONOMIE MODERNE. i 75

cent cinquante ans après lui, on croyoit encore que ce chan-gement étoit une diminution successive. II apperçut que cen’étoit qu’un balancement & un mouvement libratoire. Uncoup d’oeil supérieur lui avoit révélé la raison & la marchede ces apparences, comme avant l’invention des lunettes , 1cmême coup d’œil lui avoit fait annoncer la rotation du Soleilfur son axe. Tant de vues toujours vastes & souvent vraies ,ajoutées à de grandes découvertes qui font la base de l’Astro-nomie théorique, en ont fait un homme très-rare.

Après avoir examiné les perturbations mutuelles des pla-nètes dans le grand empire du Soleil, il étoit naturel de porterses regards fur le domaine particulier de Jupiter, où quatrepetits astres suivent cette planète avec la même obéissance, ôcs’accompagnent dans des orbes assez ferrés les uns près desautres , pour qu’une proximité fréquente les expose à desdérangemens répétés & sensibles. Nous avons exposé dans lelivre précédent ce que l’obfervation nous avoit appris desphénomènes propres à ces quatre satellites ; un des premiersde ce genre est celui du mouvement des noeuds du quatrième,qui devant être rétrograde » suivant la théorie de Newton ,étoit cependant direct; fur l’orbite de Jupiter. M. de la Landeexpliqua ce phénomène d’une manière aussi simple que vraie.Le nœud fe meut fur l’orbite de Jupiter par un esset secon-daire. Quand un satellite en dérange un autre, quand lesnœuds de ce satellite troublé rétrogradent, suivant la théorie,c’est íur l’orbite du satellite perturbateur. Ce déplacement del’orbite ne peut avoir lieu fans en opérer un semblable furl’orbite de Jupiter, les nœuds y changent de place. M. de laLande a fait voir par la trigonométrie sphérique que le premierdéplacement pouvoit être rétrograde , conformément à lathéorie , tandis que le second seroit direct: , conformément à