Band 
Tome troisième.
Seite
202
JPEG-Download
 

2 0 1

HISTOIRE

entend 8c répete mal , le goût da merveilleux qui exagere ,firent répandre dans les cercles de Paris qu’il avoit annoncé larencontre d’une comete; on en marquoit même le jour. Quel-ques esprits foibles furent allarmés. M. de la Lande fit impri-mer son Mémoire, où il ne se trouva aucune prédiction , maisfeulement quelques conjectures, réservées aux Astronomes quisavent les apprécier. M. du Séjour entreprit l’cxamen de ceprétendu danger par une analyse rigoureuse ; voici ce qui en arésulté. Pour qu’une comete puisse rencontrer la terre , il fautdeux conditions : i°. que le point où son orbe coupe le plande l’écliptique , soit à une distance du soleil égale à celle de laterre à cet astre; 2 0 . que la comete & la terre se trouventprécisément dans ce point, êe à cette distance égale dans lemême instant. Parmi toutes les comètes connues , il n’en estaucune qui coupe exactement l’orbite terrestre à cette distancedéterminée ; c’est déjà beaucoup. Mais il y en a quelques-unes,qui rempliroient cette condition , si l’on altéroit un peu leursélémens. II est sûr que ces élémens doivent changer par lesloix de la gravitation ; cependant JM. du Séjour observe avecbeaucoup de raison , qu’il y a loin de la possibilité , de la né-cessité même d’un dérangement quelconque à la certitude quece dérangement sera tel qu’il convient à la rencontre ou àune proximité nuisible de la comete 8c de la terre. II fau-droit qu’il suivît une certaine loi donnée , qu’il arrivât dansun certain tems donné & qu’alors la terre fût à un certainpoint donné de son orbite. Ces trois circonstances font néces-saires pour la rencontre d’une comete ; la probabilité qu’ellesne se réuniront pas est si forte, qu’on peut assurer hardimentque cette réunion, &c par conséquent la rencontre n’aura jamaislieu.

En ester supposons que le changement a eu lieu, & que