204 HISTOIRE
environ à 160000 lieues. La comete de 1770 en a le plusapproché réellement ; mais elle étoit encore éloignée de750000 lieues. M. du Séjour , pour se rassurer sur les pré-tendus dangers d’une comete, qui éleveroit des marées extra-ordinaires , ou qui nous entraînèrent avec elle , examine unecomete hypothétique placée à 1 3000 lieues de distance; ôcil trouve qu’en forçant toutes les circonstances , une cometesemblable ne pourroit jamais rester plus de deux heures Scdemie à cette distance. Or il fait voir que st l'on suppose, con-formément à un théorème de M. d'Alembert, la terre entiè-rement couverte d’une couche fluide d’une lieue d’épaiíTcur,l’astre mettroit dix heures cinquante-deux minutes à produireson effet sur les marées. Mais i°. la comete, dont le mouve-ment près de nous est toujours rapide, ne seroit qu’un instantperpendiculaire au même point de la terre • z°. la terre n estpas entièrement couverte d’eau, Lc cette circonstance changetellement l’cffet des marées, que les mers méditerranées n’cnont point ; 3®. enfin la comete ne seroit que très-peu de tems ,& beaucoup moins de dix heures cinquante-deux minutes à.une distance nuisible. Toutes ces raisons réunies élèvent, sui-vant M. du Séjour, un préjugé légitime contre les désordres desmarées, qui pourroient être produits par faction des comètes (a).
M. du Séjour a examiné ensuite le second danger, & la possibilitéqu’une comete entraînât la terre; il trouve qu’une comete égaleen masse à notre globe, Lc placée à la distance de 1 3 o o o lieues ,
(a) Essai fur les comètes.
M. du Séjour fait voir I'infufíisance de1 explication du déluge par la queue d unecomete. A l’égard de la comete de 1680,il montre que la plus grande proximité à laterre n’a lieu que dans la branche que cettecomète décrit avant d’arriver au périhélie,
dans lc tems où elle n’a point de queue , &qu’après le passage au périhélie, après s’érrerevêtue de cette longue queue si long-temseffrayarkc, son éloignement de la terre atoujours excédé neuf millions de lieues. IIn'estguères croyable qu’à cette distance laqueue d’une comete ait pu inonder la terre.