Band 
Tome troisième.
Seite
235
JPEG-Download
 

DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 235douter dc fou exactitude comme de sa haute antiquité; nousavons cru pouvoir avancer que cette antiquité surpassoit quatremille ans {a). M. le Gentil nous a appris que les Indiens, dansleurs calculs , appliquent au mouvement du soleil une correc-tion constante de 2 0 , qui nous a paru être une véritable

équation séculaire ; d’autres probabilités nous ont portés kcroire qu’cllc avoit été établie pour une durée dc trois millesix cent ans. II en résulte une équation séculaire de 38' 47*pour deux mille ans. Quoique ces résultats ne soient pointdémontrés, à beaucoup près, nous avons pour nous Panalogietirée de trois planètes, Sc les conjectures de M. Euler, quis’accordent avec les nôtres.

Puisque ces altérations ne dépendent point de la gravita-tion des corps célestes , Ja cause la plus naturelle qui se pré-sente pour les expliquer , est la résistance du milieu où cescorps se meuvent. La gravité est une force sans cesse renaissante,qui ne s’affoiblit point; mais l’impulsion primitive qui a lancéces corps, ayant été une fois donnée, Sc jamais renouvelée,doit perdre fans cesse, si elle éprouve quelque résistance. Cetteforce ne peut s’altérer , fans que le tems des révolutions11’éprouve quelque changement ; Sc ce changement doit êtreune diminution. La force d’impulsion étant diminuée, celle dcl’attraction prend plus d’cmpire; le corps s’approche tant soitpeu du centre , l’orbite devient plus petite , Sc est décrite enmoins dc tems. Le corps paroi t donc sc mouvoir plus vite; Scvoilà comment s’explique ce paradoxe singulier , qu’une dimi-nution dans la force produit une accélération dans le mouve-ment. Newton , lorsqu’il établit sa sublime théorie , vit quedepuis un grand nombre de siécles, les révolutions des planètes

Gg ij

{J) Mémoires dc l’Acad. des Scien. 1773 , p. 171.