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Tome troisième.
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rz6 HISTOIRE

étoient inaltérables; il en conclut qu’elles n’éprouvoient aucunerésistance, & qu’elles fe mouvoient dans des espaces privés dematière òc dans un vide absolu. Car tout ce qui existe estcapable de résistance, 6 c le fluide le plus subtil, nécessairementmatériel, mais supposé sans résistance, seroit un être de raison.Cependant il est impossible que les espaces célestes soient réel-lement privés de toute matière ; le néant absolu n’est pas plusaisé à concevoir que l’infini. D’ailleurs nous les voyons remplispar la lumière ; elle part du soleil pour arriver aux planètes ,elle revient des planètes à nous. Si la lumière est une véritableémission de la substance du soleil , si elle est réellement en-voyée , propagée, réfléchie, tous ces voyages ne fe font pasfans occuper, fans remplir les espaces qu’elle traverse. Quelquepetites que soient ces molécules , elles ont une petite maste ;il faut que les corps en mouvement Ic§ déplacent, Sc ce dé-placement ne fe fait point fans quelque résistance. Et si , sui-vant la pensée de Dcscartes , la lumière étoit un fluide tou-jours répandu , toujours existant partout , Le seulement misen action par la présence des corps lumineux , ce fluide seroitobstacle au p a liage des corps. Le passage n’est pas plus libredans l’état de stagnation que dans celui de circulation. Ainsi,quel que soit le fluide qui compose cet océan immense, queles anciens ont nommé éther, qu’il soit une matière particulièreôc analogue à un air infiniment subtil, ou la matière même dela lumière , ce fluide doit s’opposer au mouvement des pla-nètes , & abréger tant soit peu , mais fans cesse, leurs révolu-tions. Lorsque Nevton a conçu l’idée d’un vide absolu , ou dumoins d’un milieu non résistant, il a été forcé par les obser-vations, qui donnoient aux astres des révolutions constantesinaltérables. Lorsqu’aujourd’hui nous nous élevons contre cetteidée d’un vide absolu, qui répugne à la nature, loríque nous