DE L'ASTRONOMIE MODERNE. 239
manière de concevoir un effet, f idée d u tems est inséparablementliée à celle de fclpace; la notion de la vitesse naît de leurs rap-ports. Une vîteste plus grande suppose un tems plus court; 6c si,parla puissance de l’imagination, nous effìiyons de nous repré-senter une vitesse infinie, il nous reste toujours l’idée d’un temsinfiniment petit : le tems ne peut être anéanti dans notrepensée. Peut-être cette conception n’cst-ellc en effet que fha-bitude de nos observations : s’il existe dans la nature uneaction instantanée , elle est nulle pour nous, puifqu’elîe nepeut être comparée ; tout fait unique fera toujours inconce-vable. II est donc très-poffible que ne pouvant analyser la ma-tière , voir fes élémens à nud , saisir le méchanifme de leuraction mutuelle, nous ne concevions pas comment la force dela gravité agit instantanément aux plus grandes distances. Maiscette difficulté de concevoir un fait, n’est pas une raison decroire à son existence; 6c, comme l’obferve très -bien M. dela Place , quand même tous les phénomènes nous donneroientlieu de penser que faction de cette force est instantanée, il nefaudroit pas en conclure qu’clle Test réellement; car dans uneprogreíîion rapide, il y a loin d’une durée insensible à unedurée absolument nulle. Quoi qu’il en soit, les circonstancesrendent cette considération superflue ; quel que puistc être letems que f attraction emploie pour atteindre aux confins de fasphère, il n’en résulte aucun changement dans Tordre des phé-nomènes ; toute la difference est dans le premier instant. II afallu un tems pour que f effort, 6C , pour ainsi-dire , la forcefût transmise au corps qu’elle doit faire mouvoir ; mais unefois arrivée , les efforts se succèdent immédiatement , 6c lecorps fe meut , comme si faction étoic réellement instan-tanée.
M. de la Place fait une seconde question, qui dérive natu-