DE L’ASTRONOMIE MODERNE. z<; 5physique peut être aussi trompeuse que Pimage du repos moral :il ne suffit pas que le soleil paroisse immobile pour le juger réel-lement tel. Nous sommes même fondés à croire que cetteimmobilité n’est qu’apparente. Les plus forces raisons d'analogienous autorisent à croire que les étoiles font des soleils. On leura donné le nom d’étoiles fixes, parce qu’en général elles restentconstamment dans le ciel à la même place. Cependant les dé-couvertes modernes ont fait voir que cette réglé soussrc desexceptions : quelques belles étoiles ont changé de positiondans le ciel : ces changemens font legers, mais ils font assezsensibles pour être décisifs. Plusieurs étoiles de PAigle, d’Orion,du Lion ont laissé appercevoir de petits mouvemens ; maisfur-tout Arcturus & Sirius, qui se sont avancés ôc s’avancentencore vers le midi (a). Ces mouvemens n’appartiennent pointà notre globe; ils feroient communs à la multitude des étoiles,ôc puisqu’ils font dissérens pour chacune d’ellcs, ils font réel-lement propres à ces étoiles.
Quelle que soit la lenteur de ces mouvemens, ils nous appren-nent que le repos absolu n’existc nulle part dans Punivers , queces astres semblables au soleil, que ces masses énormémentvolumineuses font susceptibles d’être transportées dans Pespacecomme les plus petites. Si l’on demande quelle est la nature de cemouvement, quelle est la force qui le produit, nous ne pouvonsleur assigner qu’unc cause conjecturale. Nous voyons dans la naturedeux cspeces de forces; l’une est la force d’impulsion que tous lescorps ont reçue, Pautre est la force attractive qui semble résiderdans la matière, Lc dont chaque molécule paroît être animée. C’est
(j) Voy. Halley , Tranfac. phil. 1718, M Bradley, Trans. phil. 1748, n". 485.
)) 5- TU. le Monnier, Mém. Acad. des Sc. 1769,
Jacques Caílìni, Mdm. Acad, des Scien. p. 14.
1 75 8 >p. 3 4 Ε . M. de Thury, Jbid. p. 1.
Tome III .
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