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Tome troisième.
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3 5 8 HISTOIRE

manque sans Cesse ; il faut qu’il la réduise, qu’il s’cn fasse untableau abrégé , tant pour l’efpace que pour la durée : il atoujours besoin de comparer ce qu’il a pensé à ce que lanature a fait, ou à. ce qu’elle doit faire. Mais cette compa-raison devient de jour en jour plus vaste, elle fatigue parson étendue, 6c surcharge par fa complication. 11 n’y a pointde recherche astronomique, qui ne nécessite aujourd’hui uneinfinité de calculs pénibles. L’efprit les compare pour en tirerdes résultats ; mais dans les calculs même , l’efprit n’a rien àfaire. II faut donc que la patience commence Pouvrage dugénie : alors on pefe le succès avec la peine , 6c les tra-vaux qu’il doit coûter ; s’il est incertain , on y renonce ; unsuccès manqué empêche d’en tenter un autre. Les hommesfont doués de facultés différentes : les uns naissent patiens,6c pour 1c travail; ils marchent dans cette route obscure avecconstance , ils avancent peu fans fe décourager. Les autres ,qui ont reçu le génie , ont une ardeur qui a besoin d’êtreentretenue par les succès. Lorsque le génie ne peut rien fansla constance des longs travaux, lorfqu’il faut réunir ces deuxqualités que la nature a presque toujours séparées, la sciencen’a plus que de foibles progrès, 6c peut même devenir station-nasse. Les hommes qui ont des vues, négligent de les vérifier; 8Lceux qui n’ont point de vues , naissent 6C meurent à peu-près àla même place. La considération des causes a le même incon-vénient & les mêmes difficultés. Tous les grands problèmesont été résolus , ou par Nevton , ou par ses successeurs. Sidans plusieurs de ces problèmes on n’a obtenu que des solu-tions approchées, elles font Pouvrage des Géomètres les plushabiles ; 6c on est forcé d’en conclure que les solutions rigou-reuses font impossibles , du moins avec les moyens préfens.Tant que ces moyens ne changeront pas, nous ne pouvons