34 i HISTOIRE
la science , peut-être que pour en obtenir une seconde égale-ment utile , il faudroit l’en bannir aujourd’hui ; c’est au génieà en trouver les moyens. Qui fait fi avec des instrumens telsque les nôtres , il ne seroit pas avantageux de revenir à lamesure des distances aux étoiles , comme on le pratiquoitjadis, ou à des cercles entiers d’airain , à de grandes armillesgarnies de lunettes , de micromètres , de limbes parfaite-ment bien divisés , & où l’on auroit directement , par desmoyens semblables éc égaux , l’ascenílon droite 6c la décli-naison.
Le télescope peut lui seul opérer une révolution Lc ungrand progrès dans nos connoissances. Lorsqu’il a été décou-vert , il a prolongé notre vue à une distance immense , 6cnous a transportés dans des mondes nouveaux ; nous avons vutout ce qui est compris dans les limites de la puissance de cetinstrument. Mais l’univers a d’autrcs espaces, Sc en doublant(de toutes parts, dans la sphère qui nous entoure, la puissancede cet instrument, nous augmenterons huit fois les domainesde l’organe de la vue. Les verres achromatiques nous permettentcette espérance; il ne s’agit que d’atteindre la perfection dontils font susceptibles. L’Astronomie demande qu’on encourageles Chimistes à découvrir le secret du flint-glass, Lc les artistesà travailler de grands verres. L’astre, qui nous occupe mainte-nant , cet astre qui est peut-être une planète, semble nousindiquer que Saturne n’est pas la dernière de notre système; ily en a peut-être beaucoup d’autres, ou jusqu’à présent invisi-bles , ou jusqu’à présent confondues avec les étoiles fixes. Ilpeut résulter de cette perfection du télescope , un agrandis-sement du système solaire , une confirmation des loix con-nues , peut - être de nouvelles loix & de nouveaux phénomènes ,enfin des travaux & des succès pour l’espric humain.