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POFRQVOr EN QVELQVES VIEILLARDS , VAG&ayant affoibly la veuë iufques a les en priver quasi entìerement , pen-dant vn temps notables, íls la recouvrent neantmoins fort distincte ,dans l'âge décrépit .
’E s t un effet, dont la cause tient du paradoxe. Et c’est un mira-cle dans la nature, que d’une mesme cause, reluirent deux effets con-traires : Que la vieillesse qui avoir altéré I’organe, presque jusques àla privation de la veuë, qui dans la fuite devoir probablement en cau-ser la perte entiere } la restitue neantmoins admirablement, presque dans fapremiere vigueur. J’ay veu des personnes tres-âgées , s’eslre long-tempslèrvis de lunettes, pour suppléer le défaut , Le la faiblesse de leur veuë; avoiresté contraintes de reprendre peu à peu, celles des premiers âges } puis enfin,les quitter du toutleur veuë s’estant rétablie, par le degré du tempéramentnouvellement acquis, presque en la mesme force qu’ils l’avoient en l’âge devingt ans. Pour expliquer la cause, d’un effet fi surprenant , il faut sçavoirque:
La chaleur du tempérament de I’âge viril, desseiche ordinairement l’uhmidi-té naturelle des humeurs, 6c tuniques de l’œil ; ÔC consequemment flétrit,abbat, 6c diminué beaucoup les convexitez des superficies de l’humeur cristal-lin ; 6c resserrant de mesme l’humeur vitré , qui doit contenir la Retine ten-duë suivant sa figure naturelle , à la distance requise de l’humeur cristallin, pourrecevoir les sommets des pinceaux optiques : elle altéré par ce moyen toute laconformation naturelle de f œil. Car diminuant, 6c abbaissant la convexité, del’humeur cristallin ; il fait en fuite son foyer, ouïe concours des rayons des ob-jets, plus loin ; 6c approchant encore là Retine, au lieu de l’éloigner, à propor-tion, pour recevoir au concours, les rayons visuels, aux sommets de leurs pin-ceaux ; ils ne le peuvent plus faire , que tres-loin derriere la Retine ; laquellecouppant par conséquent tous les pinceaux fort loin de leurs sommets, commenous avons fait voir en la 8. figure precedente : Elle ne reçoit les rayons visuelsqu’en extrême confusion, incapable de faire aucune vision. D’où s’ensuit né-cessairement ,1’impossibilité de suppléer, le défaut de la convexité de l’humeurcristallin, par celles des verres, ou lunettes -, qui devroient estre d’une grosseurexorbitante, pour faire en cela quelque effet ; l 6e qui ne pourroic mefmes estreque fort imparfait, obscur, ôc confus : d’où s’ensuit la privation de la veuë, 6cla cécité entiere, à laquelle, ( selon le cours ordinaire de la nature ) l’on ne peuteíperer aucun remede. Neantmoins.
L'ancien Proverbe, Bis puerì, sénés : que plusieurs prennent en dérision desmœurs, des personnes âgées, qui retournent comme dans l’enfance, par l’he-betation des sens, 6c souvent meímes de la raison ; causée par le changement dutempérament, 6c par l’alteration, 6c corruption des organes, exprime alleznaïvement, ces extrêmes effets de l’âge, ordinaires en l’homme, qui lny fontterminer le cercle de la vie, par le retour à son principe. Cette mesme cause 1neantmoins funeste aux uns par ses mauvais effets; est souvent favorable aux au-tres,considérée la diversité de leur tempérament. Car l’âge qui débilité toujoursla chaleur naturelle,avançant par la diminution de la vertu de ce principe de vie,la dissolution du composé, auquel les qualitez contraires prédominent; mo-déré seulement .celles du tempérament contraire. Ce que nous remarquons sin-gulièrement aux bilieus sanguins. Carie froid humide de l’âge tempérant leur
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