ï4§ LA DIOPTRIQVE OCVLAIRE,
cidents ,qu’il en a doublé quelques-unes, ayant laide les autres simples. C’esten effet principalement, pour en augmenter la vertu ; comme de plus' grandeutilité àl’homme, parla duplication de l’acte, en leur fonction. Car pour neparler des autres organes naturels , si nous considérons, ceux ausquels ( commeplus nobles, ) il a étably le siégé des sens externes en f homme : dirons-nous,que c’est seulement pour la symmeterie, Siebel ordre? dirons-nous que c’estseulement encore pour obvier aux accidents, qui pourroient priver l'hommed’un de ces principaux organes ; & confequemment d’un de ces sens, s’il ne l’a-voit doublé ? Voilà à la vérité futile, &. le délectable; mais quoy- que ces causesparticulières soient légitimés,il s’enfautneantmoins beaucoup, qu’elles n’éga-lenrl’étenduëentiere, de la cause totale,de cette duplication d’organes. Cetteutilité exprimée, n’est qu’une partie , de celle que la raison, jointe â i’experien-ce, nous en fait concevoir. C’est encore ( outre tout cela) pour augmenter puis-samment la vertu , dans leur fonction ; que Dieu, a voulu doubler les organes.C’est pour le délectable, qu’il les a élégamment former ; c’est pour la íym-metrie, qu’il les a agréablement placez. C’est auísi à la vérité, pour obvier auxaccidents : mais, c’est principalement encore, pour augmenter l’effet; qu’il adoublé l'organe. C’est donc pour mieux sterer, qu’il a doublé les narines.C’est pour mieux entendre , qu’il a doublé les oreilles. C’est pour mieuxvoir, qu’il a doublé les yeux. Or comme ce seroit une chose formellement con-traire , à la raison , dc à l’experience ; que quelqu’un , pour mieux entendre, sebouchast une des oreilles, ècc. De mesine auísi, est-ce une choie ridicule, de sefermer un œil, dans la croyance d’en mieux voir , que des deux. Maisl’absur-dité de cette opinion vulgaire, paroistra plus évidemment, par la démonstra-tion suivante.
PROPOSITION LVI. .
EN QVELCONGÏVE MANIERE gv'VN OBJET SOIT VEVdes deux yeux , en la mef'me maniéré ,( & toutes choses pareilles, ) il estmu plus grand, plus clairement , U aujfi distinctement -, que d un seuL
ta volon-té n'a pasun pou-voir abso-lu , pourdiviserl’actiondes orga-nes st-bla-bles, quela nature a
conjoin-
te.
’Experience continuelle, qui nous fait remarquer l’aptitu-de,Sda conformité,qu’ontnaturellement toutes les parties sem-blables , en nos deux yeux ; pour agir saris contrainte, avec égalepromptitude, & facilité , Le produire en un mesine moment, & d’u-nemesmemaniéré exactement, un pareil effet. La mesine expérience , nousdonne auísi lieu par la réglé des contraires, de remarquer; (ce qui est neant-rnoins tres-évident; estant tres-íènsible : ) Que ces mesines parties, qui fontnées pour agir ensemble , comme parlent les Philosophes -. ne font en ef-fet sujettes à l’empire de la volonté, que pour agir conjointement , Lc nonséparément. La preuve de cette vérité, est évidente ; & l’experience fait voir,que la volonté présumant usurper, plus d’authorité , 'que la nature ne Iuv enconcédé, fur la fonction de ces parties semblables de nos yeux : comme seroit,de diviser leur action, naturellement conjointe ; le succez ,ne seconde jamaision désir. Car l’effet qu’elle en prétend, excédant les loix,que la nature leurprescrit; estconsequemmentcontraint, èí violent : &par conséquent , pourpeu de temps estant mesme un attentat criminel, il est toujours justementlùivy de fa peine.