SECONDE PARTIE, 149
Pour en faciliter I’experience, je supposé icy, l’usage des lunettes à pinnules,
! 9 u eje dépeins en la table 22. dans la Section y. de la 3. Partie de ce livre ; oà1 e o parle plus amplement. Cependant, pour ['exigence du sujet que je traite;
J e remarque en passant, que la distance des ouvertures de ces deux pinnules,o°it exactement estre la mefme, que celle des centres, des deux pupilles, desdeux yeux; de celuy qui s’en veut servir. Afin, quelles produisent agréable-Rient leur effet que ces deux ouvertures, se réduisants à la veuë,en uneCu le, parfaitement ronde, Sc de largeur suffisante, Sc bien proportionnée; pourne doubler l’eípece de l’objet : on le puisse voir par ces pinnules, bien claire-ment, ^ naturellement. Cela supposé,
L on regardera donc, avec une semblable lunette > Sc avec une singulière at- L'objeteâMention , un mefme objet, médiocrement éloigné ; premierement , des deux Tcu P luSy eux , en un mefme temps, Sc fixement ; puis avec la mefme attention, Sc dans fíusVorte-e deíîein, d’experimenter la vérité que j'expose: l'on fermera promptement ,nent >. &œil, observant diligemment dans ce moment, le changement, qui paroi- ftj n cte-"tra en la veuë de cet objet; maintenant regardé d’un seul œil. Déplus, ayant ment, desoxactement remarqué ce changement, Sc mefme quelque temps fixement con-templé cet objet, d’un seul œil: l’on renouvellera son attention, dans la con- íéuiœii:tlRuation du mefme dessein , Sc pour fe confirmer d’autant plus, dans cette ex-P e rience : l’on ouvrira de mefme promptement, l’autre œil ; pour revoir enco- licre.te ce mefme objet, des deux yeux ; afin de conférer dans cette prompte reveuë,a différence que l’on a déja observée ; à voir cet objet des deux yeux , Sc d’unei y œil. Et l’on trouvera, par l’experience, jointe à la raison que je seray voir;
S u il paroist beaucoup plus grand, Sc beaucoup plus fortement des deux yeux jS u e d’un seul œil : Scneantmoins, toujours parfaitement distinct, Sc terminé.
En second lieu, l’experience est facile, Sc il y a peu de personnes qui n’ayentExpérimenté, Que pour agréable que puisse estre un objet ; il est impossible dee regarder long- temps, d’un seul œil, Sc avec l’attention requise àl’observerExactement. L’incommodité notable, que ressentent mefme les plus expertsAstronomes, observants les Astres avec un seul œil ; soit par les pinnules des^struments, soit par l’OcuIaire Dioptrique : garantira facilement cette veri-j C que je pose. Puis qu’en effet , la fatigue, Sc la lassitude qu’ils souffrent0rs i également, dans l’œilduquel ils regardent -, comme dans celuy qu’ils fe[Craignent de fermer ; Lc qui passent souvent juíquesála douleur sensible:es oblige ordinairement pour p revenir cernai , á lé bander un ceil , afin dey°ir pour quelque temps, de l’autre, avec moins de contrainte 5 mais aussi en.
Echange, avec moins de fermeté, d’exactitude, Sc de distinction. La meíme .Expérience leur failant aussi-tost connoistre, par cette rémission de la veuë ,
0rs qu’ils sc contentent d’avoirl’œil fermé par ce bandeau , fans se peiner dee fermer eux-mesmes : qu’elle ne sc fait exquise, autant qu’elle en est capableP a r un seul œil,. ( quoy-quenon jamais à l’égal des deux : ) que parle seul cf.
0rt actuel, que l’on fait pour bien voir. Et qu’en effet, il est Punique cause,
R°n pour laquelle nous voyons ; mais pour laquelle, nous avons la vision exqui-E,autant qu’il.sepeut ; par un seul œil. Puis que cette contention cessant,
Ve uë , se fait au mefme temps, moins forte,j .Dr la raison de cette expérience, est tres-naturelle ; Sc neantmoins fort é-0l gnée, de celle, que le vulgaire s’en forge à plaisir : Que fermant un œil,
Pour regarder de l’autre 5 au mefme temps , la vertu, ou faculté visive,quitoit diviíée dans les deux yeux ; fe réunit en celuy seul, duquelon regarde:iurdiré quejene m’arreste pas àréfuter, l’experience la rendant trop mani-ste ; de ce que cette cause estant generale , devroit en conséquence, estre ge-ner alcment vraye, en la fonction de tous les organes doubles : singulièrement,
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