î j o LA DIOPTRIQJE OCVLAIRE,
dans les sens externes. Mais bien loin de mieux entendre , en fermant une o-reille, que le bruit sourd, & le bourdonnement tres-importun , qu’elle rendprivée de fa fonction, affoibliífant celle de i’autre oreille ; confond l’oiiieen-tierement.
Pourquoy La vraye, 6 c l’unique raison ; pour laquelle , la vision fe fait plus distincte,peutío' P ar un ^ul œil, ( en la maniéré exprimée, ) est donc : D’autant que cet effort,
temps re- que l'on fe fait pour bien voir d'un seul œil ; contraint toutes fes parties, às’ac,objctd’un Enmoder autant qu’elles peuvent, Lc à fe former respectivement ; pour la-ie u i œil, tisfaire à la volonté, que l'on a de voir actuellement le mieux qu’il fe peut ; maisavec atté- feulement pour peu de temps. D’autant, que cette disposition de l’œil, estantin°om- anS violente, & non naturelle ; ne peut Iong-temps durer: ( comme j’ay fait voir,modité en la remarque singulière, exposant l'Axiome 51. en la 8estions. de la premse-nocabie, re Pgrîso. ) Et que l'experience nous vient de faire voir, que la volonté , n’y aqu’une tres-foible puissance, & tres-limitée 3 cette faculté n’estant pas absolu-ment sujette à ía domination.
Or cette disposition des parties del’oeil, contraint à la production de ceteffet 5 consiste premierement, à resserrer sensiblement l’ouverture de l’Uvée,pour exclure les rayons latéraux, qui portent obliquement en P oeil, J es eípe-ces d’unetrop grande étendue, &c variété d’objets 3 lesquels partageants lapuissance visive, l’affoiblissent trop : au contraire ce rétrécissement de l’Uvée,suivant l’Axiome, recueillant, &: reíiniffant moins de rayons,mais plus pro-ches de leur axe 5 & d’une moindre quantité d’objets : en fait la vision plus for-te, estant plus reiinie. Secondement, cet effet, consiste encore spécialement,â conformer la figure ,de la superficie antérieure de l’humeur cristallin, ( com-me nous Pavons expliqué, au mefme lieu allégué, ) pour recevoir les inciden-ces de ces rayons moins obliques, ou plus directs -, Lc les faire plus exactementconcourir aux sommets de leurs pinceaux en la Retine. Et voila les véritablescauses, non seulement de l'effet, de cet effort 5 que nous faisons ,pour bien voisd’un seul œil : mais encore, de tous les accidents, qui l’accompagnent. Com-me premierement, de la lassitude, Se douleur en l’organe, trop violemmentcontraint en ía fonction. Secondement, de la rémission de la vision -, qui fe faitmoins parfaite, lors, que pour fe soulager ,1’obfervateur íè bandant un œil, fepeine moins de le tenir fermé. Car désistant de cet effort, confequemment,toutes les parties, (puis qu’elles agissent toujours ensemble ) n'estants plus con-traintes , à cette exacte conformation respective, pour la production de la vi-sion parfaite ; & fe relâchants negligemment, chacune à íà liberté ordinaire, S£moins exacte 5 il n’y a pas sujet de s’étonner, si ía vision fe fait lors moins par-Pourquoy faite. Et en troisième lieu, de ce que regardant l’objet d’un seul œil ; il paroiftutfobfe"' P^ us P et ^, Se plus obscurément : car la vision, est d’autant plus obscure,qu’el-d’uu seul le se fait par une moindre quantité de rayons ; par la 22. Proposition con-roíst plus' ver ^ e * lavision de l’objet, par un seul œil ; fe fait premierement, par Ickpetit. moitié moins de rayons, que des deux yeux : Se secondement, l’ouverture dela pupille de cet œil, fe resserrant encore, par l’effort que l’on fait pour en bienvoir ; comme nous avons montré: elle ne reçoit pas en fuite, tant de rayon Sde l’objet. Par conséquent, la vision ne peut estre qu’obfcure, par un seulœil ; ou beaucoup moins claire, que des deux yeux : quoy-que distincte, par les22. éc 24. Propositions. De plus, l’objet veu d’un seul œil, paroist aussi pluspetit, de meíme á double titre ; & l’experience, appuyant encore cette vérité,nous fera sensiblement reconnoistre . en l’ufage de la mefme Lunette à pinnu-les 3 ( de laquelle, nous-nous sommes servis cy-destus: ) que l’ouverture del’Uvée, fereslerre beaucoup davantage, en l’œil, duquel on regarde séparé-ment, par une des pinnules seulement, que lors qu’on regarde au messin