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La dioptrique oculaire ou la théorique, la positive, et la méchanique, de l'oculaire dioptrique en toutes ses espèces / par le père Cherubin d'Orléans
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aiS . LA DIOPTRIQVE OCVLAIRE’,

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CHAPITRE II.

jguoy que les plus longs Oculaires , reprefentent les obiets de U terre ,plus grands , que les moins longs : ils ne les peuvent neantmo'ms

reprefemer, $ clairement.

Raison*,pour les-qu I esl'on nepeut éga-lementbien -voirles objetsfort éloi-gnez , parles pluslongs O-culaires ;comml’on voiciles meáio-crementéloignez ,par lesmjjens.

E s remarques généralement premises, touchant Fustige deP Oculaire Dioptrique },j’en fais icy une fpeciale, pour pré-cautionner PArtiste , contre Perreur du vulgaire , quicroid:Que plusles Oculaires font longs, ( comme ils doivent éten-dre la veuë-, à une plus grande distance, que les petits, SCles moyens ; 6c y faire voir les objets de la terre, plus grands,à proportion de leur plus grande longueur, ) ils doivent auifiles reprefenter avec la mesine force, 6c clarté , -à cette plus longue distance jque les petits, & les moyens Oculaires, les reprefentent, à une moindre di-stance, proportionnée, à leur moindre longueur. Opinion , que la raison,6c Pexperience, font également voir absurde, 6c fausse. Car en premier lieu,Pexperience fait voir, par la simple vision directe, que plus les objets, qui son céclairez en mesine temps, 6c d’une égale lumière du Soleil, sont éloignez del’œil ; plus nous les voyons obscurément. Or l’effet de l’Oculaire Dioptri-!que, est seulement d’augmeuter Pefpece de Pobjet, à une plus grande distan-ce , à proportion de fa longueur, mais non pas d’augmenter la lumière, de la-quelle il est éclairé en cette distance. Donc un plus long Oculaire , qui re-présenté un objet plus éloigné} quoy qu’il augmente son efpece, à propor-tion de íà longueur} il le represcntera neantmoins ( de mesine que la simpsoveuë : ) plus obscurément, ou moins éclairé, que les plus petits, 6c les moyensOculaires, ne reprefentent leurs objets, ( éclairez d’une mesine lumière, ) sorsqu’ils augmentent leurs efpeces , à une moindre distance, qui est auísi propor-tionnée , à leur moindre longueur.

Secondement, la raison confirme cette vérité 5 d’autant, que la mesine lu-mière du Soleil, n’éclairant qu’égaiement tous ces objets, fort inégalementéloignez : 6c leurs efpeces, qui ne peuvent subsister sans la lumière, ( comM?j'ay fait voir en l’exposition du sixième Axiome, ) défaillants necessairemenCavec elle, parle 1. Axiome, parviennent conséquemment ál’ceil, beaucoupplus affaiblies, 6c débilitées, du plus éloigné de ces objets, veu par le plu 5long Oculaire ; (ayants pénétré un bien plus grand espace du milieu ) qu?celles des objets moins éloignez , veus par le plus petit 5 6c par le moyen Ocu-laire. Par conséquent, le plus long Oculaire, ne recevant les efpeces de sol*objet plus éloigné, que fort débilitées, 6c par des rayons d’une lumière plu 5affoiblie , ( avec laquelle elles défaillent ; ) represcnte aussi son objet beaucoupplus obscurément, quoy-que plus grand 5 que ne font le petit, 6c le moyenOculaire. Voila donc la véritable , 6c l’unique raison, pour laquelle les plu 5longs Oculaires , sont neceffairement plus obscurs, en leur representatsoi*des objets éloignez ; à proportion de leur longueur : que les petits, 6c sofmoyens, à faire voir aussi les objets éloignez, dans la distance proportionnée *leur moindre longueur.