TROIS IË'ME PARTIE. 23*
fê en petits quarreaux , ou aires : car faisants 1g meíme, suivant quelque
proportion, plus, ou moins grande ; fur le planHslls ont préparé, pour enfaire la réduction ; ils y rapportent en fuite simplement à veue d’oeiî, danschaque aire , (plus ou moins grand, que celuy du dessein prototype, ) le plusexactement qu ils peuvent, ( conduits neantmoins en cette exactitude , par lafeule force de l’itnagination ; ) les diverses parties de leur dessein original, quife trouvent dans ses aires homonymes, Lee. L’autre moyen qui leur est moinsfréquent,( je croy , d’autant qu’il n’exerce pas l’imagination , qui est l’essen-tiel enleur Art:j de faire cette réduction,à laide d’un instrument, composé desix réglés 5 tel, que l’ancien Marolois leur décrit, en son livre de la Perspective,êc qu’ils nomment compas de réduction.
Réfléchissant en fuite , fur la maniéré que l'on pourroit tenir, pour appli-quer ces deux moyens de contretirer proportionnellement, à T Oculaire Dio-ptrique ; en forte que l'on s’enpust servir facilement, Sc feurement : je sispour le premier un petit chaísis , ou cercle de leton , que j’encochay par espa-ces fur toute la circonférence, pour y pouvoir replier des filets de crin deche-Va l v Sc en former un treillis, divisé comme j'ay dit, en certain nombre de pe-tites aires quarrées parfaitement égales. Etayant séparé le tuyau qui por-îoit le verre de I’œil, d’un Oculaire de-Ia seconde efpece, composé feulementde deux verres convexes 5 Sc d’environ cinq pieds de longueur: j’y coulay cetreillis ainsi préparé , devant le verre de l'oeil -, Sc l'en ayant approché juste-ment à la distance de son concours, oufoyer intérieur ; asin qu’apres avoir re»monté ce tuyau du verre de l’oeil, à son repere , ou distance ordinaire , avecle tuyau qui le precedoit ; ce treillis sc trouvast assez exactement situé, dans letuyau total de l’Oculaire -, au concours, ou foyer commun du verre objectif, Scde celuy de l'oeil. Et enestet, j’obfervay bien que regardant alors par cetOculaire, tous les objets me paroissoient à la vérité, divisez en aires, par lessilets de mon treillis -. mais ce treillis, ne me paroissoit plus regulierement di-visé, ny en aires égales, ny par lignes droites, en l’Oculaire , comme il estoitscellement ; ses aires s’augmentants assez inégalement, vers la circonférence,
& diminuants au contraire, vers le centre du verre. Et meíme ses silets nem y paroissoient plus d’égale grosseur ,ny droitement tendus $ mais en arcs,d autant plus recourbez, Sc gros, qu’ils s’éloignoient du centre , Sc appro-choient de la circonférence. C’est-pourquoy tous ces défauts, de ce moyende contretirer par le treillis , avec l’Oculaire ; m’ayants paru tres difficiles ásurmonter, Sc à corriger : joints encore, â l’incertitude de l’ufage de ce treil-h, auquel l’imagination feule, fait le rapport des diverses parties del’objet,qui fe voyent dans les aires du treillis de l’Oculaire, qui y jfaroist déja si irre-gulier, Sc difproportionné , de celuy qui est regulierement tracé fur le plan,
°u l’on veut contretirer la figure de l’objet 5 comme l’on void dans les figures5 -10. de la Table 25. Je ne me pus persuader, qu’il en dust réussir aucun bon Tab.e ffet • spécialement en des choses, qui demanderoient souvent l’exacte pré- s £- *•tision. r
Me restant donc seulement le dernier moyen, que je prévoyois mefme , nePouvoir que difficilement estre assez solidement appliqué á l’Oculaire, pourproduire son effet: je le voulus neantmoins tenter , le voyant certain , Sc sonopération bien fondée, en démonstration Géométrique : Sc mefme d’autantq ue ne chargeant point l’imagination, s’ií estoit une fois bien construit, Scap-Phqué à l’Oculaire ; il auroit encore certe singulière commodité, dans i'usage,e pouvoir estre également bien pratiqué des Curieux , favorisez de quelquepnie 5 & que la nature feule, ( fans autres Maistres, ) auroit introduits dans laec rete intelligence des Arts, Sc du dessein : de mefme, que de ceux qui y fonc