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La dioptrique oculaire ou la théorique, la positive, et la méchanique, de l'oculaire dioptrique en toutes ses espèces / par le père Cherubin d'Orléans
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ayo LA DïOPTRIQJE OCVLAIRE,

Ciel : parle moyen de ce noble Instrument. A combien plus forte raison, poU-

vons-nous croire qu’il eust dit :

Aàmoveye oculis àiflantia fidera nofîris ,

. iSEtberaque ingenio fupposuere fuo : Lee.

En effet, si nous les considérons d'un esprit désintéressé ; nous nous confir-merons fans doute d’autant plus , dans cette pensée ; quel’antiquité n’arienveu de pareil. Car cet œil de Lynx, ou d’Aigle, luy manquant j elle a eu laveuë trop foible, & trop limitée, pour observer lesPhenomenes, que l'Ocu-laire a découverts à n ostré siecle. Pour voir Mercure, en conjonction avec leSoleil. Pour voir, que Venus-, a ses phases comme la Lune. Que le corps dela Lune, est tres irrégulièrement remply, d’une infinité d’élevations tres-émi-nentes , & de cavitez, Lc dépressions tres-sensibles. Qu’il est remply, d’une figrande variété d’apparences j que quelques nouveaux Philosophes, en ayantpris occasion, n’ontpas craint d’asseurer : qu’il estoit comme une autre terre,plein de hautes montagnes, de profondes vallées, de mers, de rochers, d’isies,de lacs, de forests, S c de vastes campagnes. L’antiquité a eu la veu L trop fai-ble, pour voir dans le Soleil, les apparences merveilleuses, que l’Oculairenous y a fait voir ; Sc qui prouvent avec l’évidence mesme : par leur naissance,par leur mouvement, par leur progrez, parleur séparation, par leur réunion,Lc enfin, par leur entiere résolution ; la vérité de ce paradoxe également fa-meux , Sc admirable : Que dans le globe du Soleil, nonobstant les ardeurs de§flammes, de ce feu divin j il y a génération, Sc corruption. Que la Planète deJupiter, est toûjours accompagnée de quatre petites Planètes } qui fe meuventautour de luy. Que Saturne est tres-variable, en la figure de son corps. Etenfin, que toutes les Planètes, empruntants leur lumière du Soleil ; ont des ma-cules fur leurs Disques : ou vray-semblablement, plusieurs parties hétérogè-nes.

L’antiquité, n’avoit connu que sept Planètes ì l’Oculaire, nous en a décou-vert plusieurs autres. Elle n’avoit connu que 102a. Estoiles fixes, l’Oculairenous cn fait voir un nombre presque infini ; Sc mesmes, en plusieurs endroits duCiel, où l’on ne croyoit pas qu’il y en eust. L’Oculaire nous fait clairementvoir la vérité, de cette sombre conjecture de l'antiquité : Que la nebuleuse lu-mière, qu’elle a nommée Galaxie , ou via UFtcax n’est autre chose , qu’u-ne quantité sans nombre , de petites Estoiles j proches les unes des an-tres.

L’Oculaire nous fait voir, quel’eclipse, paroist toûjours à l’œil simple,pm'tost commencée , ôc plûtost finie, qu’elle n’est réellement ; Sc en conséquence,que toutes les éclipsés, que l’antiquité a observées, ne font pas exactesmesme à double titre ; car il nous fait encore manifestement voir, Que l’ecU'pfe paroist toûjours moindre, d’environ un doigt, l’observant à l’œn simpl e »qu’elle n’est en effet. Mais dans le dessein , de rechercher plus curieusement,{ quoy-que toûjours sommairement ) toutes ces merveilleuses, Sc nouvenfapparences, dans la fuite de ce discours - y que je ne touche icy qu’en passant : Jfais maintenant voir en général, l’usage de nostre Oculaire, en leur obierstion. C’est-pourquoy, ( comme j’ay fait dans les Sections précédentes, arespect des objets de la terre : je le considéré icy, en deux différences, eu égar^a ceux du Oiel. En la premiere , l’ayant monté simplement siirson pied,)l’expose librement à l’oeil, pour l’observation ordinaire. En la seconde ,le*a^sant voir appliqué à quelque ouverture d’un lieu obscur, je l’expose à l’usag e '