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La dioptrique oculaire ou la théorique, la positive, et la méchanique, de l'oculaire dioptrique en toutes ses espèces / par le père Cherubin d'Orléans
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TROISIE'ME PARTIE. i* £

toutes. Troisièmement, Qu’elle a son mouvement plus viste. Est quatrième lieu,

Qu’elie fait toutes ses révolutions autour de la terre ; c’est-pourquoy., ellenous paroist toujours directe, 6e jamais rétrogradé. Cinquièmement, Quelleest avec la terre, hors du circuit, que font Mercure,6c Venus, autour du Soleil ;

Le qu’elle est neantmoinsavec la terre, au dedans deceluy , que font les Pla-nètes íuperieures : Mars, Jupiter, 6e Saturne; à l’entour au Soleil.

Toutes les Planètes ,à l’exception du Soleil, n'ont aucune lumière propre; i.e corpsLe tout ce qu’eìles nous en paroiílèncavoir, elles la reçoivent du Soleil. La Lu-ne entre toutes les autres, par ses Phases plus sensibles , ne nous laisse aucun rement*"'doute pour son respect; de cette vérité. 8on corps, est un globe^tres. opaque, Opaquesassez conforme en fa nature, à celuy de la terre que nous habitons. Qu’ií n’ait *

point de lumière propre, celafe prouve premierement, d’autant, que s’il en propr*.avoir ; la Lune, nous paroistroit toûjours pleine, 8c également lumineuse.- carelle nous la tranfmettroit de toute la largeur de son Disque. Secondement,dans les temps de íà conjonction centrale , au Soleil ; ía lumière, auroit necef-Ldrement deu paroistre ; puis qu’alors, l’obscurité a souvent esté si grande, se-lon le témoignage de Ptolomée hb. s. mag. oper. cap. n. que les Etoiles ,pa-roissbient clairement ; en plein Midy. Ce que plus récemment, le P. Clavius,

C ommentar. in cap. 4. spher . dit avoir veu en la ville de Conimbre, le zi. d’Aoust,del’année 1560. En troisième lieu, si la Lune avoit de la lumière propre, el-tane pourroit souffrir d’eclipfe. Car suivant l’Axiome des contraires , l’oh-Lcurité favorisant fa lumière ; elle auroit deu d’autant mieux paroistre : soncorps, entrant dans le cône de l’ombre de la terre. Les Astronomes moder-nes, en ajoutent encore une quatrième preuve, que Kepler remarque spécia-lement, en l’Epitome de l’Astronomie de Copernic livre 5. Que la Lune, dansle temps de son éclipsé totale, fe dérobe tellement de laveuë; qu’elle dispa-*oistentierement, mesmeá l’Oculaire, fans que l’on puisse aucunement ré-connoistre l’endroit où elle est. Ce qui nesepourroitfaire, si elle avoit quel-que lumière propre.

L’on objecte à ces arguments, premierement, Que lors, que la Lune estdans ses quadratures nouvelle , 8c vieille ; l’on y discerne, ( outre la lumière, L’on ob-de laquelle fa capacité évidente, paroist éclairée du Soleil; ) tout le reste de son ^ t T e e S |j r ° lS-Disque, éclairé, d’une lumière livide, 6c sombre. Secondement, Que lors que lumière,

■ta Lune est en éclipsé, 6c actuellement dans l’ombre de la terre ; este paroist i-t-unc»tristement éclairée, d’une lumière obscure, tirant fur le rouge. A quoy, l’on Refletrépond en général 5 Que ces deux tortes de lumières, luy font encore étrange- Rompue.îes ; 8c qu’elle les reçoit de mesrne du Soleil, mais en différentes maniérés :c'est-à fçavoir, l’une , par la réflexion ; 6c l'autre, parla réfraction : ce que*ious ferons voir , au Chapitre suivant.

Le corps de la Lune, n’est pas diaphane, ou transparent ; mais entierement°paque. Cela est evident, de fa conjonction centrale , au Soleil ; car alors feMouvant interposé entre nostre œil, 6c le Soleil ; il 11e nous auroit pu priver deta lumière; d’autant,quefes rayons, l’auroient neceffairement pénétré.

Le corps de la Lune, n’est pas non plus terfe, ou poly , comme íèroit un Mf-*°ir fpherique convexe ; car si cela estoit, l’on ne pourroit voir tout son hemi -st>here, comme nous levoyons. D’autant, qu’encore , que le Soleil qui estplus grand, éclairast plus que son hemiíphere, la doctrine de la Catoptriquedémontre qu’il ne pourroit neantmoins réfléchir à nostre œil , qu’un seul^ a yondefa lumière 5 qui ne luy pourroit porter I’espece, qued’un lèul pointde fa superficie. Par conséquent, il ne pourroit voir que ce seul point, de toutIon hémisphère : 6c mesme àpeine, pouri’aflroiblissementde ce rayon, sur une

grande distance .- d’où s’enfuivroic , que nous ne poumons voir la Lune.

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