Buch 
La dioptrique oculaire ou la théorique, la positive, et la méchanique, de l'oculaire dioptrique en toutes ses espèces / par le père Cherubin d'Orléans
Entstehung
Seite
292
JPEG-Download
 

29 r

LA DIOPT RIQVE OGVLAIRE,

Or ce que la face de la Lune , nous réfléchit lì doucement , de toute fà sii-perfície, la lumière qu’elle reçoit du Soleils en sorte que nous la pouvonslòûtenir de la veuë : est encore un argument certain, que fa superficie qui euLe corps est éclairée, n'est pas unie, ny polie 5 mais fort inégale, Sc irrégulièrementáîla.Lune, entremêlée d’élevations , de dépressions, de cavité?, Sc sinuofltez ; ce queitiÁuUe- confirme tres-évidemmentl’Oculaire Dioptrique: Sc quiamefmedonné heu,rement pour ce sujet á plusieurs Philosophes modernes, de dire absolument, f dans lesphcnque. sentiment qu’ils ont, que ce corps, soit une autre terre; ) que les apparences,que l'Oculaire nous y fait voir ; font des Planures, des Campagnes, des Mon-tagnes, des Vallées, des Mers, des Rochers, des Fleuves, des Lacs, des Forests,Pourquoy &c. En effet, si la superficie du corps de la Lune, estoit unie , Sc polie, fa lu-deaiunc 6 miereferoit violente , 6c insupportable à nos yeux : mais estant de la forte ir-est sup- ’ regulierement composée, d’une telle multitude, de sidifferentes superficies ;fi°stre lc ^ êcsi diversement inclinées ,les unes, aux autres ; qui se réfléchissent recipro-yeûc. quement, les rayons qu'elles reçoivent du Soleil : cela fait, qu’ii n’y a aucustlieu, en la superficie du Disque de la Lune, qui ne reçoive plusieurs rayons,réfléchis de plusieurs de ces différentes superficies , qui la composent, Etp arconséquent, qu’elle soit aussi entierement, Sc si doucement éclairée.D’autant,que ]a lumière qu’elle reçoit du Soleil, estant presque toute si différemment di-vertie ; nostre veuë n’en sçauroit immediatement recevoir , que tres-peu ; &ce peu encore, fort entremêlé de petits ombrages, causez par la diversiondes rayons, plusieurs fois réfl échis : qui ne luy portent enfin , qu’uné lumi e 're affaiblie, par cette quantité de réflexions.

Cette inégalité du corps de la Lune, modérant ainsi fa lumière; est enco-re la cause de plusieurs autres effets, tres-considérables : comme , de ce q ueíà chaleur, ne nous est pas sensible, ( quoy-que quelques-uns fans l’avoir ex-périmenté, se soient persuadez qu’il est possible de la raffèmbler au foyer, d’nr*Miroir concave. ) De ce que nostre œil, souffre cette lumière, fans presq ueL’hemis. resserrer l’ouverture de sa pupille. Et conséquemment, pourquoy la lunée-pherc op. re de la Lune ,paroist à nostre veuë, plus grande qu’elle n’est en effec. Et c’est«lí’^uc enfin la cause , pour laquelle, nous voyons tres-distinctement à l’ceil , lesnous C toiles lumineuses Jusques contre le bord du Disque de la Lune.

ìa°L°n S L’Oculaire Dioptrique , nous fait encore voir, que la partie de la Lun^»font'de’ qui est opposée à nostre veuë ; est entierement de mesme nature, que ce il g«ncsme qui luy est exposée : comme je montreray , lors que j’expliqueray l’obfer vâ 'mtiire. rion nouvelle, de son mouvement de libration.